Près de 300 pièces historiques et archéologiques, datant du premier millénaire avant J.C. seront exposées à l’IMA, dont 200 sélectionnées dans les musées yéménites, et les autres empruntées à des musées européens et américains.
Statuettes de granit ou vases «fenestrés» en terre cuite, stèles funéraires ou blocs gravés de bouquetin, autels brûle-parfum en calcaire, chameaux en bronze et étranges sculptures d’albâtre, comme la tête féminine «Myriam» Tamna (1er siècle ap. J.C-) font revivre des civilisations méconnues.
Ici, les Sabéens, là les Minéens, les Qâtabanistes ou les Hadramaoutiques: une dizaine de tribus qui ont joué un rôle important dans ‘histoire des royaumes antiques subsistent encore.
L’intérêt de l’exposition est d’autant plus grand que les recherches archéologiques se sont considérablement développées depuis cinquante ans, période pendant laquelle une quinzaine de sites ont été fouillés.
Si l’«Arabie heureuse», fertile grâce à ses précipitations, était connue des Anciens pour son commerce d’aromates – encens, myrrhe, cannelle, cinname, ladanum –, ses trésors antiques ont dû attendre le XIXe siècle pour émerger.
C’est à l’Allemand Seetzen (1807) et à l’Anglais Wellsted (1834) que l’on doit les premières copies d’inscriptions, à Zafâr, sur la côte de l’océan Indien, tandis que le Français Arnaud atteignait en 1843 les ruines de Marib, l’antique capitale du royaume de Saba.
A cet égard, la visite de la reine de Saba au roi Salomon, «avec des chameaux qui portaient des aromates et une quantité infinie d’or», rapportée dans la bible, n’est étayée par aucun document historique ou archéologique.
L’Académie française des inscriptions et belles lettres devait ensuite envoyer le Français Halévy à la découverte de l’Arabie antique. Dès 1870, le déchiffrement des inscriptions sudarabiques était achevé.
A la fin du XIXe siècle, les expéditions allemande, autrichienne et anglaise se succèdent, apportant une moisson de documents écrits et d’objets. Mais il faut attendre 1928 pour voir les premières fouilles allemandes à Huqqa, au nord de Sanaa, à l’ouest du pays. Dix ans plus tard, une équipe anglaise dégage le site de Hurayda dans l’Hadramaout, à l’est. Et, au début des années cinquante, une mission américaine entreprend des fouilles à Marib, au centre-ouest.
Les fouilles archéologiques qui ont repris de plus belle dans les années 70 ne devraient pas s’en tenir là. Des habitants d’un village situé à 250 kilomètres au sud de Sanaa ont découvert, par hasard au mois d’août, des vestiges datant de l’époque anté-islamique. Le département des antiquités de la région de Taez a indiqué que la colline pourrait abriter des vestiges d’une cité antique ou d’une cité funéraire.
En outre, une vingtaine de scientifiques français, yéménites et néerlandais mènent depuis hier et durant plus d’un mois, une mission d’étude sur l’une des îles les plus mal connues du globe, Socotra, située au large de la Somalie et appartenant au Yémen. (AFP)


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