Le président russe Boris Eltsine s’est découvert hier à Pékin un nouvel «ami», le président chinois Jiang Zemin, qu’il a pour la première fois appelé ainsi à l’issue d’un sommet marqué par une cordialité appuyée.
«Mon ami Jiang Zemin ne parle pas mal le russe», a relevé Boris Eltsine lors d’une conférence de presse commune. Le numéro un chinois garde en effet quelques notions de russe depuis un stage ouvrier dans les usines automobiles de Moscou dans les années 1950.
Le président russe n’en est pas resté là: «Je comprends et respecte votre président autant que n’importe quel Chinois, et cette amitié, cette compréhension doivent se développer en une confiance entre nos Etats et nos peuples», a-t-il ajouté devant la presse.
M. Eltsine s’est dit touché en particulier de l’attention de M. Jiang, qui l’a félicité pour la naissance récente de son cinquième petit-enfant. «Nous avons un trait commun supplémentaire avec Boris Eltsine: nous aimons nos petits-enfants», a alors fait valoir M. Jiang.
Les deux présidents ont également multiplié accolades et gestes de complicité au cours de leurs apparitions publiques lundi.
M. Eltsine en a tiré comme conclusion que les relations sino-russes s’étaient désormais enrichies d’une «confiance personnelle» entre les dirigeants des deux pays.
Ces marques ostentatoires d’amitié répondent en partie à une raison d’Etat: la Chine est intéressée par les immenses réserves énergétiques russes, et la Russie s’inquiète de voir le commerce sino-américain s’envoler alors que ses échanges avec Pékin chutent depuis 1993.
M. Jiang est en tout cas entré dans le cercle plutôt fermé des chefs d’Etat avec qui M. Eltsine se flatte d’entretenir des relations autres que protocolaires.
Le maître du Kremlin réservait jusqu’à présent son «amitié» à l’Allemand Helmut Kohl et au Français Jacques Chirac. (AFP)


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