A la veille de quatre jours chômés en France en raison de la fête de l’Armistice, l’indice CAC 40 accusait une perte de 1,42% en huit jours. Vendredi cet indice était revenu sous le niveau des 2.700 points à 2,699,71 points.
En début de semaine les milieux financiers étaient convaincus que le coup de torchon venu de l’Asie du Sud-Est n’était en rien identique à un krach. En 1987, une querelle entre les autorités américaines et la Bundesbank sur le niveau des taux d’intérêts avait été le détonateur de la crise. Cette fois rien de semblable, les Allemands et les Américains étant d’accord pour maintenir la garde contre toute résurgence de l’inflation.
Par ailleurs dès le déclenchement de la crise, les autorités politiques et monétaires se sont mobilisées pour calmer les inquiétudes des investisseurs et stopper l’hémorragie des cours.
Faisant écho aux déclarations du président de la Réserve fédérale Alan Greenspan — la baisse des cours boursiers pourrait «dans quelques années» être regardée comme un «événement salutaire» pour l’économie — le président de la Bundesbank Hans Tietmeyer a estimé cette semaine que les «corrections» boursières actuelles étaient «inéluctables» et qu’elles seraient «profitables» pour l’évolution future des marchés.
Avec cette tempête monétaire, les marchés sont toutefois entrés dans une zone de forte turbulence qui brouille l’horizon macro-économique. Ce n’est que dans quelques mois que l’impact de cette crise sur les économies du monde occidental pourra être mesuré, estime Alain Bokobza de la Société Générale.
Les conjonctures
relativement sereines
L’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing prévoit «un ralentissement de la croissance un peu partout, évalué à 1% du PIB au Japon et à 1/2 point ou 3/4 de point pour les autres pays industriels, en France notamment».
Pour l’OCDE, l’impact de la crise sera de l’ordre de 0,1% à 0,2% en Europe et aux Etats-Unis cette année et l’an prochain et le double au Japon.
L’INSEE vient de constater une accélération depuis le début de l’année de la demande en produits manufacturés en France. Elle a également enregistré une nouvelle amélioration du moral des ménages en octobre.
Quant au ministre de l’Économie, Dominique Strauss-Kahn, il s’attend à une croissance plus forte que prévu pour 1998, soutenue notamment par la demande intérieure.
Les conjoncturistes restent pour l’instant relativement sereins. Les trois moteurs nécessaires pour une accélération de la croissance en Europe ne sont pas menacés par les événements asiatiques, estime l’un d’entre eux. Ces trois moteurs sont un crédit bon marché, un effet positif du passage à la monnaie unique grâce à des politiques de restrictions des dépenses publiques et les réformes et restructurations en cours.
Toutefois il existe un risque, admettent les experts: une extension de la crise financière à tous les pays de la zone dollar qui aurait pour corollaire un recul du billet vert. Or un dollar faible induit une perte de compétitivité des économies européennes au moment où les pays asiatiques vont exercer une concurrence accrue en raison de la dévaluation de leur monnaie.
La rechute de plusieurs places asiatiques vendredi fragilisait le dollar et par contrecoup les places occidentales.
Si ces craintes étaient vérifiées, les analystes seraient alors contraints de réviser leurs prévisions de résultats de sociétés, un exercice sans nul doute néfaste pour la bourse.
Lundi la cote reprenait 1,78% avant de subir des prises de bénéfices mardi (-0,47%). Mercredi les valeurs reprenaient 1,71% avant de retomber dans le rouge: -1,44% jeudi et -2,95% vendredi. (AFP)


À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir