Le père polonais Henryk Jankowski, sanctionné le 3 novembre pour des propos antisémites, a affirmé samedi à Varsovie, à son retour de Rome, qu’il «n’avait pas changé d’avis» sur les Juifs, et que, en violation de la consigne de silence de son évêque, il comptait prendre la parole dans son église à Gdansk mardi.
Accueilli par quelques dizaines de sympathisants à l’aéroport de Varsovie, le curé de la paroisse Sainte-Brigitte a déclaré que les Polonais et lui-même «respectaient les minorités nationales», mais qu’il n’en pensait pas moins que les Juifs «ne devaient pas profiter abusivement de leurs origines». Plusieurs personnes l’ont applaudi. Les deux principales chaînes de télévision ont rendu compte de ses déclarations dans leur journal du soir.
Lundi dernier, l’archevêque de Gdansk, Tadeuz Goclowski, l’avait suspendu pour un an de ses fonctions de curé, avait nommé un administrateur pour le remplacer et lui a interdit de prêcher pendant un an. Mgr Goclowski avait réagi ainsi à une homélie du père Jankowski du 26 octobre, dans laquelle il avait affirmé qu’il «ne fallait pas accepter la minorité juive au gouvernement».
Par ailleurs, saisi par une plainte déposée par un particulier, le parquet de Gdansk a ouvert une enquête sur les propos du père Jankowski.
Une telle enquête avait déjà été lancée contre l’ecclésiastique, il y a deux ans, dans des circonstances similaires, mais le dossier avait été classé sans suite, «compte tenu du caractère peu nocif des actes incriminés».


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