«Laissez Montand en paix», titrait vendredi, à la une, le quotidien populaire France Soir qui consacrait quatre pages à l’affaire, alors que Libération (indépendant) parlait d’une «justice d’outre-tombe», et le conservateur Figaro évoquait une «macabre procédure».
La contestation a atteint les plus hautes sphères, le secrétaire d’Etat à la Santé, Bernard Kouchner, se déclarant «indigné» par cette demande qui relève «plus d’une affaire d’héritage et de gros sous que de recherche».
«On aurait pu le respecter un peu, c’était un si beau morceau de France», a ajouté le ministre.
La justice avait décidé d’exhumer Montand, mort il y a six ans à 70 ans, du cimetière parisien de Père Lachaise, pour rechercher génétiquement la filiation d’Aurore Drossard, aujourd’hui âgée de 22 ans, en comparant leurs ADN.
La famille de Montand s’est dite «extrêmement choquée» par cette demande, alors qu’Aurore Drossard dit y voir la «seule solution» pour prouver que «je suis sa fille».
Connu comme un grand séducteur — sa liaison avec Marilyn Monroe avait en son temps défrayé la chronique —, Montand a eu une idylle lors d’un tournage avec Anne-Gilberte, la mère d’Aurore Drossard. Il a admis la liaison, mais avait toujours refusé de reconnaître la paternité et de subir un quelconque test sanguin à ce sujet.
Yves Montand, de son vrai nom Ivo Livi, n’a jusqu’ici que deux héritiers directs, son fils Valentin Livi (9 ans), qu’il a eu avec sa dernière compagne Carole Amiel (37 ans), et Catherine Allégret, fille d’un premier lit de son ex-épouse l’actrice Simone Signoret, décédée en 1985.
La nouvelle expertise est le résultat d’un recours de la famille contre une décision précédente de la justice, qui avait stipulé en 1994, sur la foi de témoignages et d’une ressemblance physique frappante, qu’Aurore Drossard était la fille d’Yves Montand.
La Cour d’appel avait alors désigné un expert en biologie, le Pr Philippe Rouger, qui a conclu ne pouvoir répondre avec certitude sans disposer d’un échantillon d’ADN d’Yves Montand.
Six ans après la mort, l’expertise sera longue et difficile, un échantillon ne pouvant être extrait que des os ou les dents du défunt. Et la certitude ne pourra être établie qu’à 99,9% selon les experts.(AFP)


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