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Actualités - Chronologie

Les compagnies d'aviation déclarent la guerre aux accidents

Les compagnies aériennes veulent réduire de moitié d’ici 2005 les accidents d’avions, qui ont fait près de 1.500 morts en 1996 et risquent de se multiplier avec la croissance et la dérégulation du trafic aérien.
Les 259 compagnies internationales membres de l’IATA (Association internationale du transport aérien) réunies à Amman pour leur 53e assemblée générale ont élaboré un plan d’action incluant aussi bien un renforcement de la formation de leur personnel que des améliorations techniques pour tenter de parvenir à cet objectif qualifié de «stratégique».
Rapporté à la quantité d’avions en circulation et aux heures de vol, le nombre de catastrophes entraînant la perte de l’appareil a été divisé par dix depuis quarante ans, et les jets de la dernière génération ont quinze fois moins d’accidents que les Boeing 707, Caravelle ou DC9 du début des années soixante, selon les statistiques de l’IATA.
«Avec un accident grave par million de cycles (décollage et atterrissage), l’avion demeure l’un des moyens des plus sûrs de voyager», a souligné James Strong, directeur général de la compagnie australienne Qantas.
Les 42 accidents ayant entraîné pertes d’appareils en 1996 — dont la moitié seulement ont fait des victimes — peuvent sembler négligeables sur une flotte de près de 17.000 appareils et alors qu’un avion décolle toutes les deux secondes dans le monde, selon les chiffres de l’IATA.
Mais «chaque accident est un accident de trop», d’autant que les catastrophes aériennes reçoivent une couverture médiatique importante qui nuit à la crédibilité du transport aérien, a estimé Pierre Jeanniot, directeur général de l’IATA, devant l’assemblée générale.

Plafond

Alors que le taux d’accidents ne baisse plus depuis une dizaine d’années, «il y aura une catastrophe par semaine en 2010 au rythme de croissance actuel du trafic» si les compagnies ne font rien, ce qui est «inacceptable», a-t-il noté.
De plus en plus sûrs, les avions de nouvelle génération «n’offrent plus beaucoup de possibilités d’améliorations permettant de réduire le taux d’accidents», a estimé Henry Arnold, vice-président de Boeing, devant les représentants des compagnies.
La plupart des accidents, qui interviennent généralement lors du décollage ou de l’atterrissage, résultent de chaînes d’erreurs concernant la maintenance, les procédures, le contrôle aérien ou le pilotage, reconnaît-on à l’IATA.
Les catastrophes les plus récentes– celles d’un Airbus de la Garuda dans le nord-ouest de l’Indonésie en septembre 1997 et d’un Boeing de Korean Air à Guam (août 97), ou la collision en plein air entre un Boeing 747 séoudien et un Ilyouchine ouzbek (novembre 1996) – sont de ce type et «auraient pu être évitées», souligne Karel Ledeboer, responsable pour les questions de sécurité à l’IATA.
Pour atteindre son objectif, l’organisation internationale veut analyser systématiquement les données fournies par les enregistreurs de vol des avions, afin de déceler erreurs ou dysfonctionnements et de les corriger avant qu’ils ne provoquent un accident.
En 1996, les données ainsi recueillies ont notamment permis à l’IATA de faire modifier les instructions de pilotage du Boeing 737 au décollage, ou les procédures d’approche de certains aéroports.
L’analyse des erreurs commises permettra aussi d’améliorer la formation des pilotes ainsi que les procédures du contrôle aérien, qui va devoir s’adapter à un doublement prévisible du trafic dans les dix prochaines années.
Sur le plan technique, l’IATA veut inciter les compagnies à équiper davantage d’avions avec des systèmes d’alarme de proximité du sol ou anticollision. Elle entend aussi encourager la multiplication de contrôles indépendants pour surveiller l’état des appareils, ainsi que l’assistance technique des grandes compagnies aux plus petites qui manquent souvent de moyens et de compétences pour appliquer toutes les règles de sécurité.
20% des compagnies sont en effet responsables de 80% des accidents des dix dernières années, souligne M. Ledeboer qui estime que certaines n’ont pas encore une «culture de sécurité» suffisante.
Mais même si toutes ces mesures sont mises en œuvre et portent leurs fruits, «la sécurité absolue du transport aérien n’existera jamais», a averti André Auer, directeur de l’Office fédéral suisse pour l’aviation civile. (AFP)
Les compagnies aériennes veulent réduire de moitié d’ici 2005 les accidents d’avions, qui ont fait près de 1.500 morts en 1996 et risquent de se multiplier avec la croissance et la dérégulation du trafic aérien.Les 259 compagnies internationales membres de l’IATA (Association internationale du transport aérien) réunies à Amman pour leur 53e assemblée générale ont élaboré un plan d’action incluant aussi bien un renforcement de la formation de leur personnel que des améliorations techniques pour tenter de parvenir à cet objectif qualifié de «stratégique».Rapporté à la quantité d’avions en circulation et aux heures de vol, le nombre de catastrophes entraînant la perte de l’appareil a été divisé par dix depuis quarante ans, et les jets de la dernière génération ont quinze fois moins d’accidents...