L’apparition des filtres et de tabacs de cigarettes moins irritants, soi-disant créés pour limiter les cancers des voies respiratoires, a en fait multiplié les cas d’une certaine forme de cancer du poumon, selon une étude réalisée par l’American Cancer Society.
Pendant les années 1960, le nombre de cancer squameux, touchant les voies respiratoires les plus importantes, était trois fois plus répandu qu’une autre forme, l’adénocarcinome, rencontré dans les voies les plus fines, à la périphérie des poumons. Certaines études avaient même conclu que cette dernière forme de cancer avait «peu, ou pas de chances» d’être provoquée par la fumée.
Or, selon la nouvelle étude publiée dans le «Journal of the National Cancer Institute», de 1959 à 1991, le nombre de cas d’adénocarcinome a été multiplié par 17 chez les femmes et par 10 chez les hommes. Et à la fin des années 1980, il est devenu le cancer du poumon le plus répandu aux Etats-Unis.
Cette étude, qui établit une nette différence dans l’occurrence de ce cancer entre les fumeurs et les non fumeurs, «montre clairement que fumer est la cause majeure de l’adénocarcinome, comme des autres cancers du poumon», souligne le principal auteur, le Dr Michael Thun.
Avant les années 1950, la fumée de cigarette était trop irritante pour être profondément inhalée, et la plupart des substances carcinogènes se déposaient dans les voies respiratoires les plus importantes, proches de la gorge.
Mais après l’apparition et la popularité des filtres et des tabacs plus légers, les fumeurs ont aspiré la fumée plus profondément, permettant des dépôt de ces substances dans les voies plus fines, où se développe l’adénocarcinome, souligne l’étude.
Ses auteurs notent à la lumière de leurs observations que «les efforts réalisés pour créer des cigarettes moins dangereuses ont généralement échoué». (AFP)


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