Bao Ge, 34 ans, a déclaré à l’aéroport Hongqiao de Shanghaï (est) que la police lui avait confisqué des documents après avoir passé ses bagages au peigne fin, avant de le laisser finalement monter dans un vol d’Air China à destination de New York.
«Ils ont emporté des documents concernant la rééducation par le travail», a-t-il crié à une journaliste, elle-même entraînée à l’écart par les forces de sécurité. «Je vais aux Etats-Unis pour trouver du travail. Je reviendrai en Chine. Je n’ai pas abandonné mes idéaux», a-t-il ajouté.
Bao Ge rejoint ainsi les rangs de deux importants animateurs des manifestations étudiantes du printemps 1989, Chai Ling et Wu’er Kaixi, parvenus à quitter la Chine peu après la répression de Tiananmen. Il laisse derrière lui les deux plus célèbres prisonniers politiques chinois, Wei Jingsheng et Wang Dan.
Bao Ge avait été condamné sans procès à trois ans de camp de travail en septembre 1994 pour avoir protesté contre la détention d’un autre dissident de Shanghaï, Zhang Xianliang.
Après sa libération, Bao Ge n’avait pu obtenir les papiers nécessaires pour travailler et la plupart de ses proches avaient été victimes du harcèlement de la police chinoise, selon sa mère. Sa sœur Bao Ying avait ainsi perdu son travail après avoir été interpellée arbitrairement par la police.
Devant les tribunaux, Bao Ge portait plainte contre les autorités de son ancien camp de travail, les accusant d’avoir violé le droit des prisonniers à recevoir de la correspondance et des visites familiales.
Selon la dissidence, la police avait renforcé ces derniers jours sa présence devant le domicile de Bao Ge, passant de sept à huit agents en civil à quelque 25 officiers en uniforme mercredi.
Mardi soir, les policiers avaient interpellé une journaliste de Hong Kong, Wang Mingwei, devant l’appartement de Bao Ge, alors qu’elle tentait d’interroger le dissident. Le téléphone de Bao Ge avait été coupé dès mercredi matin par la police, selon ces sources.
Bao Ge avait obtenu vendredi son passeport des autorités, puis mardi un visa pour les Etats-Unis. Toute sa famille a été autorisée à émigrer, mais sa mère a choisi de rester en Chine pour le moment, ont indiqué des proches du dissident. (AFP)


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