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Actualités - Chronologie

OTAN : les systèmes de surveillance divisent les alliés

Les pays membres de l’OTAN demeurent divisés sur l’acquisition d’un système de surveillance terrestre, poussée par les Etats-Unis mais qui se heurte à de fortes réticences européennes.
Cette acquisition sera au centre, jeudi à Bruxelles, d’une réunion des directeurs de l’armement des 16 pays membres, qui pourraient reporter à nouveau toute décision à ce propos, estiment des diplomates.
«Au mieux, les directeurs de l’armement devraient renvoyer à fin 98 la signature d’un accord-cadre», prédit un spécialiste du dossier. La décision d’acquérir un système de surveillance terrestre, qui permettrait à l’OTAN de déceler des mouvements de troupes sur un théâtre d’opération, a déjà été reportée à plusieurs reprises en raison de divergences entre alliés.
D’ici fin 98, les pays de l’OTAN devraient tenter d’assainir le débat qui oppose aujourd’hui les partisans — Etats-Unis et Norvège en tête — d’un achat rapide d’un système de surveillance terrestre à ceux — France, et dans une moindre mesure Grande-Bretagne et Allemagne — qui suggèrent de se limiter dans un premier temps à l’acquisition de stations de réception au sol.
La difficulté des discussions est accentuée par l’existence ou le projet de plusieurs matériels pouvant répondre aux besoins de l’OTAN.
D’un côté, les Etats-Unis font pression pour vendre à l’Alliance leur programme d’avion-radar américain J-STARS, un avion Boeing 707 couplé avec un radar. Le président américain Bill Clinton, qui avait fait fin 96 de ce projet un enjeu électoral, aurait envoyé récemment une lettre à ce sujet au chancelier allemand Helmut Kohl, selon un diplomate.

L’Allemagne,
élément-clef

De l’autre, la France, qui dispose d’un système d’hélicoptère équipé d’un radar (programme Horizon), milite pour que l’OTAN s’équipe dans une première phase uniquement de stations de réception sol, capables de récupérer les informations de tous les capteurs existant ou à venir (J-STARS, Horizon, programme italien d’hélicoptère Creso, projet britannique d’avion-radar Astor).
Entre ces deux approches, certains petits pays membres de l’OTAN, à l’instar de la Norvège, soutiennent l’achat de J-STARS américains. Face aux réticences européennes, Washington, qui proposait à l’origine la vente à l’OTAN de 12 appareils avec des stations de réception au sol, a revu à la baisse son offre, passée au cours des derniers mois de huit à quatre appareils.
La Grande-Bretagne de son côté a fait part de son opposition à un achat commun, préférant finaliser son projet Astor en s’engageant à le mettre à la disposition de l’OTAN le jour venu.
Selon des sources concordantes, l’Allemagne — «élément-clef» d’une solution — sera jeudi au centre de toutes les pressions. Avec le soutien de Bonn, Washington peut emporter une décision en faveur de son J-STARS, même si Paris et Londres ne s’y joignent pas.
En avançant des problèmes financiers, l’Allemagne aurait récemment indiqué ne pas pouvoir se prononcer avant 1999 sur le projet d’acquisition d’avions-radars ou d’hélicoptères-radars.
L’achat par l’OTAN d’une flotte commune composée de ces différents appareils a été estimé entre 2,5 et 3 milliards de dollars pour quatre avions J-STARS et une petite dizaine d’hélicoptères, avec des stations de réception au sol.
L’acquisition de 24 stations-sol (un chiffre correspondant aux besoins d’un corps d’armée de 50.000 hommes), qui suppose une participation financière de tous les alliés, reviendrait pour sa part à environ 200 millions de dollars.
Pour certains experts de l’OTAN, les directeurs de l’armement de l’Organisation pourraient parvenir à un consensus pour une recommandation sans engagement ferme qui incluerait la mention d’un futur choix incluant des avions J-STARS. Une manière pour l’administration démocrate américaine de préserver des crédits pour ce programme, que menace de couper le Congrès à majorité républicaine, relève un diplomate. (AFP)
Les pays membres de l’OTAN demeurent divisés sur l’acquisition d’un système de surveillance terrestre, poussée par les Etats-Unis mais qui se heurte à de fortes réticences européennes.Cette acquisition sera au centre, jeudi à Bruxelles, d’une réunion des directeurs de l’armement des 16 pays membres, qui pourraient reporter à nouveau toute décision à ce propos, estiment des diplomates.«Au mieux, les directeurs de l’armement devraient renvoyer à fin 98 la signature d’un accord-cadre», prédit un spécialiste du dossier. La décision d’acquérir un système de surveillance terrestre, qui permettrait à l’OTAN de déceler des mouvements de troupes sur un théâtre d’opération, a déjà été reportée à plusieurs reprises en raison de divergences entre alliés.D’ici fin 98, les pays de l’OTAN devraient...