«J’ai toujours pensé qu’autour de la quarantaine, je me ferais tirer la peau qui commence à se relâcher à cet âge-là», déclare une Américaine à l’allure juvénile qui a souhaité rester anonyme.
Elle est venue se refaire à Zagreb une plastique dans une des quatre cliniques privées de chirurgie esthétique répertoriées en Croatie.
«Je me suis fait faire un mini-lifting et une liposuccion. J’ai l’impression d’avoir gagné 20 ans», explique-t-elle, satisfaite d’avoir économisé au moins la moitié de ce qu’elle aurait dû payer aux Etats-Unis.
Les cliniques américaines lui avaient présenté un devis de plus de 10.000 dollars.
Encore inabordable pour la plupart des Croates dont le salaire moyen atteint tout juste 400 dollars, la chirurgie esthétique pratique des prix sensiblement inférieurs à ceux des Etats-Unis et des pays de l’Union européenne.
L’une des interventions les plus communes, la rhinoplastie qui remodèle le nez, coûte par exemple en Grande-Bretagne l’équivalent de 3.400 dollars contre 1.100 à Zagreb.
Le prix d’une opération destinée à accroître le volume de la poitrine estimé à 4.400 dollars à Londres, est réduit de moitié à Zagreb tandis qu’un lifting de 7.440 dollars passe à 2.240 à Zagreb.
Dans la salle d’attente de la clinique, un homme d’âge mûr attend, mal à l’aise, son tour pour une transplantation du cuir chevelu.
Cindy
Crawford
Le mannequin Cindy Crawford, vêtue du minimum, est à ses côtés – sur la couverture du magazine «Cosmopolitain» posé sur une table basse.
En première page, figure un article sur les stars de Hollywood qui ont eu affaire au bistouri d’experts en interventions plastiques.
Chirurgien, formé aux Etats-Unis à la correction esthétique, Sinisa Glumicic estime qu’environ 40% de ses clients sont originaires d’Angleterre, d’Autriche, d’Allemagne et des Etats-Unis.
Une cinquantaine d’étrangers est passée entre ses mains durant ces dix derniers mois.
La semaine dernière, une Suédoise, âgée de 54 ans, était venue se refaire un ventre plat de jeune fille et se faire retirer l’excès de tissus adipeux et cutanés accumulés après trois accouchements.
Le carnet de rendez-vous de M. Glumicic affiche pour le jour suivant: trois rhinoplasties, deux greffes du cuir chevelu et une liposuccion.
Certains patients choisissent d’allier intervention chirurgicale et vacances.
En visite en Croatie, ils décident d’aller chez un spécialiste en chirurgie esthétique puis séjournent sur la côte pour effacer les stigmates de l’opération avant de rentrer chez eux.
«Ils sortent de leur environnement, ils ont leur opération et en plus ils voient du pays», commente, narquois, ce chirurgien de Zagreb.
La chirurgie esthétique croate a connu ses véritables débuts avec la guerre serbo-croate.
De nombreux chirurgiens américains étaient alors venus volontairement en Croatie pour apporter leur aide et leurs connaissances aux praticiens locaux, dans le cadre d’un projet international en partie financé par la fondation Soros.
De 1991 à 1995, plus de 400 personnes avaient été opérées par des médecins qui avaient participé à ce projet. (AFP)


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