Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Piercing taoïste

«Ecœurant! Hallucinant!» Les touristes n’en croient pas leurs yeux: une procession sanguinolente de corps transpercés a pris possession de Phuket durant une semaine pour célébrer un festival taoïste unique en son genre.
Chaque matin, des centaines de dévots mutilés défilent dans la station balnéaire, plus connue pour ses plages idylliques, au bord de la mer Andaman (sud de la Thaïlande), que pour l’extravagant carnaval de ces adeptes du «piercing».
Hommes, femmes et adolescents sont comme en transe. Tout leur est bon pour se percer les chairs: aiguilles, rasoirs, sabres, mais aussi parapluies, antennes, bouts de ferraille, en une surenchère chaque année toujours plus délirante.
Leurs parades colorées et bruyantes sont censées effrayer les mauvais esprits et complaire aux déités chinoises. Elles marquent le Festival végétarien taoïste, qui dure neuf jours, avant le neuvième mois lunaire, et s’accompagne d’un jeûne, de méditations et d’offrandes. Ce festival est traditionnellement célébré dans les communautés chinoises du monde entier.
Le taoïsme est fondé sur les enseignements du philosophe chinois Lao-Tseu (6e siècle avant JC), mais il a aussi donné naissance à des rites magico-religieux, dont l’une des expressions les plus extrêmes prend corps à Phuket.

Un spectacle

Le Festival végétarien de Phuket prend sa source dans une légende locale. On raconte qu’en 1825, les membres d’une troupe de théâtre chinoise, en tournée sur l’île, tombèrent mystérieusement malades. Ils ne guérirent qu’après une pénitence de neuf jours, durant laquelle ils jeûnèrent et se transpercèrent le corps.
Aujourd’hui, c’est la mutilation qui prime. Selon la tradition, la douleur éprouve la foi des croyants et leur purifie l’âme et le corps. Leur sacrifice permet de s’attirer les bonnes grâces des dieux.
«Ils sont peut-être dévots, mais ils sont d’abord là pour donner un spectacle», s’indigne Jinakul, un commerçant d’origine chinoise, à la vue d’un jeune homme dont la joue sanglante laisse jaillir... un arbuste feuillu.
Comme beaucoup d’îliens, Jinakul estime que le festival a perdu de sa spiritualité originelle pour dégénérer en une compétition malsaine entre fidèles.
Les touristes, eux, sont partagés entre répulsion et fascination. «Une manifestation primitive, certes, mais j’ai bien aimé», confesse un Américain, tout juste arrivé à Phuket. D’autres sont carrément écœurés.
Les fidèles font une station devant l’autel d’une échoppe chinoise où sont entreposées des offrandes: papiers votifs, bâtonnets d’encens, fruits, fleurs, bougies... Et les embrochent sur les objets qui leur sortent du corps.
«Je présente des offrandes aux dieux chaque année, explique le commerçant. Cela m’apporte la chance». Il n’est pas un adepte du «piercing», mais reconnaît que «c’est bon pour les affaires». (AFP)
«Ecœurant! Hallucinant!» Les touristes n’en croient pas leurs yeux: une procession sanguinolente de corps transpercés a pris possession de Phuket durant une semaine pour célébrer un festival taoïste unique en son genre.Chaque matin, des centaines de dévots mutilés défilent dans la station balnéaire, plus connue pour ses plages idylliques, au bord de la mer Andaman (sud de la Thaïlande), que pour l’extravagant carnaval de ces adeptes du «piercing».Hommes, femmes et adolescents sont comme en transe. Tout leur est bon pour se percer les chairs: aiguilles, rasoirs, sabres, mais aussi parapluies, antennes, bouts de ferraille, en une surenchère chaque année toujours plus délirante.Leurs parades colorées et bruyantes sont censées effrayer les mauvais esprits et complaire aux déités chinoises. Elles marquent le Festival...