«Les gens ont attendu pour voir, maintenant que les premiers refus arrivent, ils comprennent que ce n’est pas une vraie régularisation qui est en train d’avoir lieu, et ils vont descendre dans la rue», prévoit la Sénégalaise Madjiguène Cissé, porte-parole de la coordination des sans-papiers, qui annoncera la semaine prochaine d’autres actions.
Un peu plus nombreux en effet que lors des précédents rassemblements lancés à l’initiative de la coordination, les manifestants discutent ferme de dossiers déposés, de lettres de refus, et s’interrogent sur les attentes «interminables». Un Tunisien, depuis 1980 en France, va de l’un à l’autre, racontant son histoire. Il a déposé son dossier parmi les premiers, dit-il, et n’a toujours pas de réponse.
Derrière une banderole en forme d’interrogation — «14-18, 39-45, ils sont morts pour la France, avaient-ils leurs papiers?» — suivent les collectifs de la banlieue parisienne «en lutte pour le droit d’étudier, de travailler, de vivre en famille» ou de Roubaix (nord de la France).
Les «Saint-Bernard»
A propos des centres de rétention, contre lesquels les sans-papiers manifestent également, une banderole proclame «Mieux vaut dénoncer maintenant que commémorer demain», faisant référence à la répression de la manifestation des Algériens du 17 octobre 1961, qui avait fait plus de 200 morts (trois seulement de source officielle française).
Les «Saint-Bernard», baptisés ainsi en référence à une église parisienne qu’ils avaient occupée et dont ils avaient été expulsés par la police durant l’été 1996, défilent comme toujours au rythme du reggae.
Derrière le «3e collectif» des sans-papiers, composé surtout de Chinois, prend place le nouveau «4e collectif», constitué durant l’été et qui compte environ 1.500 sans-papiers, là encore essentiellement des Chinois.
La communauté chinoise était fortement représentée samedi, avec les bébés chaudement emmitouflés dans les poussettes. Vivant plus que les autres communautés à l’écart, ils réunissent le plus souvent avec difficulté les justificatifs demandés par les préfectures, même s’ils sont depuis de nombreuses années en France.
Habitués à rester dans l’ombre, ils ont pourtant, à la surprise générale, adhéré en masse au mouvement de sans-papiers. Fidèles au rendez-vous fixé par la coordination, ils sont pour beaucoup dans la réussite des manifestations. (AFP)


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