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Actualités - Chronologie

Juifs et palestiniens dos à dos à Hébron

La réouverture partielle d’une rue de Hébron inquiète les colons juifs et laisse perplexes les Palestiniens qui ne croient plus aux promesses israéliennes.
Les 400 colons juifs ne veulent pas y croire et les Palestiniens n’osent plus y croire. Poutant l’armée l’a promis: la rue al-Shouhada (martyrs), qui borde un quartier juif au cœur de Hébron, sera prochainement ouverte à tous les véhicules palestiniens.
Les Palestiniens n’ont pas le droit d’y circuler depuis le massacre de février 1994 par un colon juif, Baruch Goldstein, de 29 musulmans en prière au caveau des Patriarches à Hébron, vénéré par l’islam et le judaïsme.
La rue a été rouverte partiellement mercredi aux ambulances palestiniennes, aux véhicules de responsables, aux taxis et aux riverains qui recevront des permis spéciaux.
Selon un porte-parole de l’armée, Peter Lerner, la réouverture de la rue se fera par étapes. «Si des problèmes de sécurité surgissent, nous réexaminerons nos plans», a-t-il toutefois averti.
Les commerçants et résidents de la rue n’osent cependant espérer qu’Israël décide la réouverture comme il s’y est engagé lors d’accords signés avec les Palestiniens en janvier 1997.
«C’est une blague. Ils n’ouvriront pas. C’est de la propagande pour les médias», déclare Hassan Mahmoud, 40 ans, qui tient un magasin de matériaux de construction.
«Les colons vont faire du bruit, agiter la menace d’attentats et ils n’ouvriront pas», ajoute-t-il. «Les colons ne veulent qu’une chose: nous étouffer économiquement pour que nous partions», dit-il, en précisant que son chiffre d’affaires a été divisé par trois depuis la fermeture de la rue au trafic.
Des colons ont lancé des pierres et protesté mercredi contre la réouverture de la rue en faisant valoir que cette mesure les exposait à des attaques palestiniennes.
Assis sur un trottoir de la rue silencieuse et calme parmi les artères bruyantes du centre-ville, des jeunes juifs expriment leurs craintes. «Il y aura maintenant des terroristes devant notre maison», s’exclame Israël Miller, 17 ans, qui montre du doigt le balcon de l’appartement familial donnant sur la rue.
«Outre les risques directs d’attentat, cette rue sera en permanence embouteillée, ce qui provoquera des frictions inutiles», souligne le porte-parole des colons Noam Arnon.
De son côté, l’Autorité palestinienne émet des doutes sur les promesses israéliennes.
«Le gouvernement Netanyahu ne respecte pas ses engagements. Dans ces conditions, il est difficile de croire qu’ils ouvriront cette rue», déclare le commandant de la police palestinienne à Hébron, Charif Abou Mealik.
La rue devait être totalement accessible à la circulation en avril dernier, mais seul un tronçon de 150 mètres avait alors été rouvert en février aux ambulances et aux taxis palestiniens.
L’arrêt des pourparlers de paix israélo-palestiniens en mars, à la suite du lancement d’une nouvelle colonie juive à Jérusalem-est, avait bloqué la réouverture de l’artère.
«La fermeture a fait grand mal aux commerces de la rue, elle complique la circulation entre les différentes parties de la ville», confirme l’officier de police.
Quant à l’argument sécuritaire soulevé par les colons, les Palestiniens n’y voient qu’un prétexte.
«Ce sont les provocations des colons contre les Palestiniens qui nous inquiètent. En ce qui nous concerne, nous pouvons maintenir l’ordre dans la partie qui est sous notre contrôle», assure M. Abou Mealik.
Prise entre deux feux, l’armée se veut rassurante. «Les deux parties doivent s’habituer à cette nouvelle réalité. Les Palestiniens pensent que nous ne faisons pas assez, les juifs estiment que c’est trop. Mais doucement, ils s’y feront», déclare M. Lerner. (AFP)
La réouverture partielle d’une rue de Hébron inquiète les colons juifs et laisse perplexes les Palestiniens qui ne croient plus aux promesses israéliennes.Les 400 colons juifs ne veulent pas y croire et les Palestiniens n’osent plus y croire. Poutant l’armée l’a promis: la rue al-Shouhada (martyrs), qui borde un quartier juif au cœur de Hébron, sera prochainement ouverte à tous les véhicules palestiniens.Les Palestiniens n’ont pas le droit d’y circuler depuis le massacre de février 1994 par un colon juif, Baruch Goldstein, de 29 musulmans en prière au caveau des Patriarches à Hébron, vénéré par l’islam et le judaïsme.La rue a été rouverte partiellement mercredi aux ambulances palestiniennes, aux véhicules de responsables, aux taxis et aux riverains qui recevront des permis spéciaux.Selon un porte-parole...