Le président de l’IFRI, M. Thierry de Montbrial qui a effectué un séjour au Liban il y a quelques temps suite à l’invitation de M. Riad Tabet, administrateur de la Chambre de commerce franco-arabe et membre de l’IFRI, en avait alors profité pour inviter M. Salameh à y donner une conférence-débat à Paris. M. Salameh a axé son intervention sur les «Risques Liban». Rappelant que «l’économie libanaise se retrouve exposée aux mêmes risques existant dans les économies des pays dits émergents», M. Salameh a passé en revue toute l’évolution positive au plan de la consolidation du secteur bancaire libanais et de la politique de stabilisation monétaire et de régression de l’inflation. «Tout cela pour vous dire, a déclaré M. Salameh devant une assistance composée de personnalités politiques et de chercheurs français et libanais installés à Paris, que le risque Liban a diminué ou a, en tout cas, changé de nature. Le Liban doit en premier lieu maîtriser ses déficits», a encore précisé le gouverneur de la BDL.
Soulignant que le «Liban doit également, et plus activement, continuer à exécuter la reconstruction de son infrastructure et qu’il dispose du financement nécessaire pour le faire», le gouverneur de la BDL a expliqué: «Le risque ici provient d’une opposition politique qui voudrait que cette reconstruction se fasse plus lentement. Le coût de cette reconstruction qui est de 16 millions USD, effraie et crée un débat tendu où se mêlent l’économique et le social».
Exposant, chiffres à l’appui, le développement du secteur bancaire largement soutenu par la BDL, M. Salameh a conclu ses propos en affirmant: «Les risques au Liban ne sont que partiellement liés à la monnaie puisque l’économie est dollarisée. De même les risques reliés à un changement des structures légales du pays sont presque inexistants puisque toutes les parties politiques s’accordent à préserver le système actuel basé sur la liberté de mouvement des capitaux, sur la liberté de change, sur une fiscalité réduite à 10% de prélèvement sur les profits ou les revenus, et sur le secret bancaire. Le vrai risque Liban réside dans le fait que les Libanais puissent perdre la confiance en leur avenir économique. Ils ne l’ont pas fait aux pires moments de la guerre, le feraient-ils maintenant?»


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