La plupart des grandes places financières, Wall Street en tête, disposent de systèmes plus ou moins récents pour freiner les variations trop fortes de leurs valeurs, en cas de grave crise comme de soudaine euphorie du marché.
La bourse de New York est toutefois la seule à pouvoir interrompre totalement les transactions. Le marché a ainsi été fermé lundi, une demi-heure avant la cloche de clôture, alors que l’indice Dow Jones perdait 554 points (-7,18%).
Les autres grands marchés privilégient la solution du gel temporaire de la cotation d’une ou plusieurs valeurs, lorsqu’elles fluctuent de manière trop incontrôlée.
Echaudé par le Krach boursier de 1987, Wall Street s’est dotée depuis d’une panoplie complète de «freins de sécurité». Dès que la variation de l’indice Dow Jones (la moyenne des 30 valeurs vedettes cotées à New York) dépasse les 50 points, les programmes informatiques déclenchant automatiquement des transactions sont stoppés.
Compte tenu du quasi-triplement de cet indice en dix ans (il dépassait les 8.000 points il y a encore quelques jours), ce seuil de 50 points est franchi quasi-quotidiennement.
Plus sérieux, un mécanisme de coupe-circuit prévoit l’interruption des échanges pendant une demi-heure dès que le Dow Jones varie de plus de 350 points par rapport à la clôture de la veille.
Si à la reprise des cotations, la dégringolade (ou la hausse) persévère, avec une amplitude de l’indice supérieure à 550 points, le marché est arrêté pendant une heure.
Lundi, ces coupe-circuits ont été activés pour la première fois depuis leur mise en place en 1988.
A Paris, l’une des seules grandes places à être complètement informatisée, les «freins» existaient déjà lors du krach de 1987. Les boursiers les appellent des «mécanismes de réservation».
Dès qu’une action varie de plus ou moins 10% par rapport à son cours de clôture de la veille, sa cotation est «réservée» pendant un quart d’heure, voire plus si les autorités de marché le demandent. Ce fut le cas mardi à l’ouverture pour la majorité des valeurs du CAC 40.
Pendant ce temps, le carnet d’ordres, qui rassemble l’offre et la demande, reste ouvert. «Cela permet aux opérateurs de reprendre leurs esprits et d’agir avec plus de quiétude», observe-t-on au Palais Brongniart.
A la reprise, deux nouveaux gels de cotation peuvent être appliqués successivement. Au-delà d’une baisse de 18.75% sur le cours de la veille (ou d’une hausse de 21.75%), la cotation du titre est suspendue jusqu’au lendemain.
Ce système est appliqué avec quelques variantes dans la plupart des autres grandes bourses.
A Londres, où la bourse vient tout juste de se doter d’un système de cotation électronique, une suspension automatique de dix minutes est appliquée lors d’une fluctuation de titre de 10%. Les autorités ont annoncé que cet écart était élargi à 25% pour la séance de mardi.
A Rome, la suspension de cours intervient à partir d’un écart de 10%, qui peut là aussi être augmenté à la discrétion des «gendarmes» de la bourse.
A Tokyo, les autorités ont instauré mardi un délai de 30 minutes avant l’enregistrement des ordres de vente et d’achat, et réduit de moitié la marge de fluctuation journalière des titres. Ces mesures, qui seront levées mercredi, n’avaient pas été utilisées depuis la crise de la guerre du Golfe. (AFP)


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