«Le téléphone cellulaire entraînera une véritable révolution dans la vie et le comportement des Roumains, comme l’a déjà fait la télévision en couleur dans les années 1980», a indiqué Pierre Mattei, directeur général de Mobil Rom, l’un des deux consortiums qui se partagent le marché roumain de la téléphonie mobile à la norme GSM.
«Les clients sont prêts à se priver, ils établissent des priorités, mais ils ne renoncent pas à leur GSM, dont ils sont devenus inséparables», a-t-il ajouté.
Mobil Rom, filiale de France Télécom à 51%, et son concurrent, MobiFon, créé autour du canadien Telesystem Internatioal Wireless et de l’américain AirTouch Communications, ont remporté en novembre dernier l’appel d’offres lancé par le gouvernement roumain pour combler le retard du pays en matière de télécommunications.
Avec 2,5 millions d’abonnés au téléphone pour une population de 22,5 millions, la Roumanie occupe actuellement l’une des dernières places en Europe.
Produit européen
Surprenante à l’époque, la décision du gouvernement d’attribuer deux licences - et non une seule, comme il l’avait fait pour le réseau analogue NMT — porte aujourd’hui ses fruits: les deux consortiums se livrent à une concurrence féroce pour combler les vœux des clients potentiels.
«Les Roumains peuvent pour la première fois choisir entre deux produits semblables et décider lequel répond le mieux à leurs besoins», a estimé le directeur de Mobil Rom.
Cette rivalité s’est traduite par la création de nouveaux produits plus adaptés au marché et surtout aux revenus modestes de la population.
Confronté par une demande «nettement plus importante» que prévu, le réseau mis en place par Mobil Rom compte aujourd’hui plus de 40.000 abonnés et couvre 95 villes et 2.500 km de routes — soit 50% de la population.
«Les chiffres changent en permanence, car tous les jours il y a une nouvelle ville ou une nouvelle route qui s’y ajoute», a-t-il souligné.
MobiFon dispose pour sa part d’environ 40.000 abonnés et est accessible à 34% de la population.
«Les services que nous offrons sont de plus en plus sollicités et le nombre de nos abonnés est en hausse», a déclaré le président de MobiFon, Al Tolstoy.
Ce consortium a récemment obtenu un prêt de 190 millions de dollars, dont 65 millions octroyés par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), qui lui permettra de développer son réseau, afin de couvrir «toutes les grandes villes, les routes nationales et européennes et les aéroports» du pays.
Vu l’énorme potentiel du marché, les deux consortiums, qui ont chacun versé une «taxe de licence» de 50 millions de dollars à l’Etat roumain, en envisageant d’investir plusieurs centaines de millions de dollars d’ici l’an 2000, ne regardent pas à la dépense quand il s’agit de se faire la publicité.
Pages entières dans les journaux, panneaux géants à travers le pays, parrainage d’équipes de football ou spectacles en plein air — aucun moyen n’échappe aux deux groupes afin d’attirer de nouveaux clients.
«Notre concurrence est toujours restée dans les limites du fair play», a cependant assuré M. Mattei, avant d’ajouter: «Pourtant, il ne faut pas oublier que le GSM est un produit européen — français et allemand — et non pas américain». (AFP)


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