Pour Margaret Johnson, directrice scientifique de l’organisation américaine International Aids Vaccine Initiative qui travaille avec UN Aids et d’autres organismes internationaux, le sida coûtera encore 18 milliards de dollars par an dans les années à venir notamment en dépenses médicales.
Le coût de développement d’un vaccin antisida, a-t-elle dit, est estimé par certaines compagnies à quelques dizaines de millions de dollars alors que d’autres le portent jusqu’à 100 millions de dollars.
«Mais ces sommes sont dérisoires si l’on considère le prix de la maladie elle-même», a-t-elle ajouté. Margaret Johnson a regretté un «manque de motivations économiques» pour encourager le secteur privé à investir dans la recherche d’un vaccin.
Elle a suggéré la création d’un fonds international destiné à l’achat d’un éventuel vaccin antisida afin de montrer aux compagnies qu’il s’agissait «d’un marché de plusieurs milliards de dollars».
Margaret Johnson a aussi cité les aspects génétiques comme obstacles au développement d’un vaccin.
«Vous ne pouvez pas assumer qu’un vaccin efficace chez un Caucasien le sera aussi chez un Philippin», a-t-elle dit.
Plus de 40 «candidats vaccins» ont été développés jusqu’à présent et certains testés sur des humains pour établir leurs effets secondaires, mais non pour tester leur efficacité, a-t-elle ajouté.
Margaret Johnson a observé que les recherches s’étaient concentrées jusqu’à présent sur le virus de type B et a demandé que soient menées simultanément des recherches sur les huit autres variétés de virus afin «d’accélérer les résultats».
Seth Berkley, président de International AidsVaccine Initiative, a estimé pour sa part que la «la seule solution à la pandémie du sida, en Asie et dans les autres parties du monde, est un vaccin».
Seth Berkley a mentionné une «forte possibilité» que les premiers tests d’efficacité d’un vaccin antisida soient menés «en Asie et plus spécifiquement en Thaïlande».
La Thaïlande, premier pays d’Asie fortement affecté par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), compte actuellement quelque 800.000 personnes contaminées et mène de vigoureuses campagnes d’éducation, de vérification des produits sanguins et de distribution gratuite de préservatifs pour combattre la maladie.
La région Asie-Pacifique compte actuellement de 5 à 7 millions de personnes infectées par le VIH contre 14 millions dans la région sub-saharienne, mais le nombre devrait doubler d’ici l’an 2000, ont expliqué les experts devant les délégués au congrès de Manille qui poursuivra ses travaux jusqu’à mercredi. (AFP)s de 100 milliards de dollars, a indiqué lundi un expert américain devant les délégués au 4e congrès Asie-Pacifique sur le sida qui se tient à Manille.

