Plus de cinq cent millions d’armes légères, comme des fusils d’assaut, des grenades et des mines antipersonnel circulent dans le monde, présentant un formidable potentiel de déstabilisation bien après la fin de conflits, écrit l’Institut Worldwatch.
Dans un rapport intitulé «Armes légères, grand impact: le prochain défi du désarmement» et rédigé par Michael Renner, l’Institut Worldwatch s’inquiète que «certaines parties du monde soient devenues aujourd’hui une caricature de l’«Ouest sauvage», où la force sape le régime de la loi, menace la stabilité sociale et le progrès économique».
Selon cet institut, un organisme indépendant en matière de recherches dans le domaine de l’environnement et basé à Washington, des millions de fusils et armes similaires de type militaire tombent maintenant entre les mains de civils, d’éléments criminels ou de forces armées irrégulières.
«Des différends qui se réglaient un temps de façon verbale sont désormais résolus par l’usage de grenades au Salvador. En Russie, en Afrique du Sud et en Angola, des armes destinées à la guerre sont maintenant utilisées par des criminels (...) Des braconniers spécialisés dans le trafic d’éléphants utilisent aujourd’hui des armes militaires pour décimer des troupeaux (...) Et au Kenya, des conflits historiques entre gardiens de troupeaux rivaux se sont dégradés en une guerre sanglante avec l’arrivée des fusils automatiques», souligne le document.
La prolifération à travers le monde de ces armes légères s’explique par plusieurs facteurs, selon Worldwatch.
Des équipements excédentaires des armées américaines, russes ou européennes sont dispersés ou bradés à des pays tiers. Le rapport écrit ainsi que la Turquie a hérité de 300.000 fusils Kalachnikov en provenance de l’ancienne République démocratique allemande (RDA).
A l’issue de guerres civiles, poursuit Worldwatch, des armes disparaissent avec le marché noir pour réapparaître dans d’autres points chauds ou sont récupérées par les milieux criminels ou encore les trafiquants de drogue.
Worldwatch relève plusieurs exemples dans le monde de dangers de prolifération d’armes légères: la Chine, selon l’institut, s’inquiète de la «fuite» d’armes depuis des dépôts militaires ou de la police, le Mozambique et le Salvador font face à des soldats ou maquisards démobilisés qui peuvent être tentés par le banditisme.
La Russie est confrontée à la fois à des militaires démobilisés ou mal payés, mais aussi à des fuites considérables d’armes de toutes natures depuis les dépôts de l’armée. (AFP)


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