Dans leurs rapports trimestriels, les entreprises américaines se montrent plus préoccupées de la force du dollar que de la baisse des exportations sur les marchés asiatiques.
Michael Metz, de la banque d’investissement Oppenheimer, l’un des rares à avoir toujours mis en garde contre une croissance trop forte de la Bourse américaine, affirme que la crise financière en Asie du Sud-Est marque «psychologiquement la mort du modèle idéal».
«Jusqu’à récemment, tout le monde pensait que c’était un monde parfait. Cela (la crise) illustre la vulnérabilité du système et dramatise la surévaluation générale des marchés», a-t-il déclaré.
Il estime que les actions américaines ne vont pas devenir un refuge pour les capitaux internationaux jusqu’alors placés en Asie. «Le refuge sera les instruments de la dette américaine, pas les actions américaines. La bourse est déjà très surévaluée et les attentes de bénéfices sont trop optimistes», indique-t-il.
Selon lui, la crise en Asie devrait inciter la Banque fédérale américaine à ne pas relever ses taux lors de sa prochaine réunion le 12 novembre. «Elle ne peut pas se permettre de griller les marchés et cela veut aussi dire que les perspectives de croissance, notamment en Asie du Sud-Est, sont revues à la baisse», souligne l’analyste d’Oppenheimer.
Les analystes soulignent que les investisseurs américains échaudés se rabattent sur les petites capitalisations américaines, poussant la Bourse à la hausse.
Le Russell-2000, l’indicateur qui suit ces petites actions, est proche de ses niveaux records depuis plusieurs semaines et s’affichait jeudi en baisse d’environ 1,5%.
«Les marchés asiatiques n’offrent pas depuis trois ans des retours sur investissements très intéressants», souligne John Moon, de Moon Investments et spécialiste de ces marchés.
«Je ne pense pas que nous allons voir encore beaucoup d’argent revenir et que cela représente une bonne opportunité d’achat pour des actions européennes ou américaines», estime-t-il.
Le danger pour la Bourse américaine pourrait plutôt venir du Japon, indique John Moon. «Les exportations japonaises vont pour 40% vers les marchés asiatiques et l’économie japonaise est en récession. Tokyo pourrait dévaluer et cela affecterait les marchés américains et européens», précise-t-il.(AFP)


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