Cette défaite d’une «multinationale» face à une équipe classée dixième de son championnat et constituée pour l’essentiel de joueurs formés au club, retentit d’un écho particulier dans le paysage façonné par l’arrêt Bosman.
Certes, on pourra toujours arguer d’un manque de motivation chez Ronaldo et consorts, ainsi que des difficultés à «nager» dans le bourbier de San Siro. Mais les Lyonnais, à peine 21 ans de moyenne d’âge, beaucoup plus à l’aise à l’extérieur qu’à domicile depuis le début de saison, se sont joués à la fois de leurs prestigieux adversaires et de la pelouse.
Vigueur
Preuve que l’exode des stars (Desailly, Thuram, Djorkaeff, Zidane, etc) n’a pas tari la source d’un football vigoureux, un autre club français s’est illustré. Strasbourg a en effet largement battu (3-0) Liverpool et son gardien James, particulièrement fiévreux. Des cinq clubs français engagés, seul Metz, battu sur son terrain (2-0), doublé de Haessler) par les Allemands de Karlsruhe, a pratiquement perdu toute chance de qualification.
Le double duel germano-belge a été équilibré et favorable aux équipes évoluant à domicile. Schalke 04, tenant du trophée, a remporté un court succès (1-0) sur Andrlecht, de même que le FC Bruges contre Bochum.
L’Ajax Amsterdam, difficile vainqueur (1-0) de l’Udinese à l’Arena, peut s’attendre à des problèmes lors du retour dans le Frioul, de même que l’Athletic Bilbao, qui se déplacera à Brimingham, chez Aston villa, sans aucune avance (0-0). Braga qui a écrasé (4-0) le Dinamo Tbilissi, a donné une occasion de sourire au football portugais, particulièrement déprimé ces derniers temps.
A une semaine de Russie-Italie, match aller du barrage choc de Coupe du monde, le Rotor Volgograd n’a pu prendre en défaut la Lazio Rome (0-0). Dans cette optique, les trois buts de l’international italien Christian Vieri en faveur de l’Atletico Madrid (5-2 contre Salonique) ont probablement interpellé le sélectionneur Cesare Maldini.
Les anciens «Reds»
critiquent les joueurs d’Evans
Tommy Smith et Chris Lawler, deux des anciennes gloires de l’équipe de Liverpool des années 70, ont accablé de critiques les joueurs de Roy Evans après leur désastreuse performance, à Strasbourg, en coupe de l’UEFA.
«Ils ne sont pas assez bons. C’est aussi simple que ça», estime Smith, l’une des légendes d’Anfield. «Une bonne équipe n’accumule pas autant de mauvais résultats».
Pour Smith, c’est aux défenseurs qu’incombe la responsabilité de la débâcle de la Meinau. «En attaque et en milieu de terrain, les joueurs ne sont pas mauvais, mais en défense ils sont franchement épouvantables».
«De plus, il auraient dû jouer en 4-4-2 plutôt qu’en 5-3-2, poursuit Smith. Les arrières latéraux étaient systématiquement pris à revers pendant que les trois du milieu semblaient se donner la main».
Un avis partagé par Lawler. «Dès le coup d’envoi, la défense de Liverpool a paru sous pression, juge-t-il. Les joueurs paraissent manquer de cohésion et de confiance».
Mais les deux anciens refusent d’incrimer Roy Evans,le manager du club. «Roy est quelqu’un de très méticuleux dans tout ce qu’il fait», affirme Smith. «Il les prépare du mieux possible mais une fois sur la pelouse, il ne peut plus grand chose».
«Démissionner, n’est probablement pas la réponse pour Roy, explique Smith. Un nouveau manager sera confronté au même problème, et ce problème, ce sont les joueurs. Contrairement à ceux de Manchester United, ils ne paraissent pas apprendre de leurs erreurs passées. Ils ont laissé tomber leur manager». (AFP)


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