«Je vais commencer la construction d’ici un an», a affirmé Donald Trump, 51 ans, lors d’une rencontre avec des journalistes, en soulignant que son principal partenaire dans l’opération est le groupe sud-coréen Daewoo.
Situé juste à côté du bâtiment de l’ONU, le nouveau bébé de Donald Trump ridiculisera avec ses 69 étages le célèbre bâtiment de verre construit au début des années 50, qui n’en compte que 39.
«Je n’ai pas encore décidé si cela sera un hôtel, des appartements ou les deux», précise Donald Trump contemplant New York des fenêtres de sa garçonnière de 1.000 mètres carrés qu’il est en train d’aménager à son goût au 52e et dernier étage de sa dernière réalisation, la Trump International Hotel and Tower, au coin de Broadway et de Central Park.
«Le marché est vraiment solide et cela va aller encore mieux», affirme-t-il en ajoutant: «Les années 80, c’était bien, mais je n’ai jamais vu un marché comme celui que nous avons maintenant».
Donald Trump revient de loin. Sa fortune, construite au début des années 80, avait pris de plein fouet la crise du marché boursier en 1987 et il s’est retrouvé avec près de neuf milliards de dollars de dette au début des années 90.
Grâce à ses investissements dans les casinos d’Atlantic City, près de New York, Trump est cependant parvenu à remonter la pente.
«L’immobilier à New York dépend de la bourse, c’est un des principaux facteurs», constate-t-il. «Mes affaires sont meilleures aujourd’hui que dans les années 80 (...). J’ai eu de la chance et puis j’ai beaucoup appris. Avec l’âge, si l’on ne devient pas plus sage, c’est qu’on est un imbécile», lance-t-il tout en tançant un peintre qui a eu le malheur de poser son échelle sur un mur de l’appartement fraîchement repeint.
La reine
Par les fenêtres, Donald Trump surveille la progression d’un de ses autres chantiers sur la rive ouest de Manhattan: un ensemble de plusieurs tours devant abriter près de 6.000 appartements.
Au loin, l’un des gratte-ciel les plus célèbres de New York, le Chrysler Building, scintille au soleil. Il est à vendre aux enchères pour 240 millions de dollars. «Je surveille, je surveille», glisse le magnat de l’immobilier sans dévoiler davantage ses intentions.
«New York, c’est la reine des villes mais il est très difficile d’y construire en raison du manque de place et du plan d’occupation des sols», souligne-t-il, tout en affectant ne pas se rappeler du nombre d’immeubles qu’il y possède.
Seule ombre au tableau, l’action Trump Hotels and Casino Resorts, cotée à la bourse de New York sous le signe DJT — ses propres initiales — bat de l’aile.
Introduit en juin 1995 à 14 dollars, le titre a atteint 35 USD au milieu 1996 mais oscille depuis plusieurs mois autour de dix dollars.
La presse financière américaine lui prête l’intention de racheter l’ensemble des actions. «Je ne peux pas faire de commentaire», indique-t-il en affirmant: «Les banques et les investisseurs institutionnels me font confiance».
Certains de ses projets, comme celui d’une tour géante au milieu du quartier financier de Wall Street, annoncé à grand fracas pendant l’été 1996, n’ont cependant jamais été concrétisés.
«Trump International Tower est ma plus belle réalisation à ce jour», préfère-t-il rappeler, en insistant sur le fait que presque tous les 158 appartements, dont le prix varie entre un million et huit millions de dollars, ont été vendus et que les 168 chambres d’hôtel (de 395 à 1.300 dollars la nuit) ne désemplissent pas depuis l’ouverture au début de l’année.
Quant à son prochain livre, intitulé «L’art du retour», il doit paraître dans quelques semaines. «Il y aura certainement des nouveaux jours sans pain mais d’ici là on va encore avoir du bon temps», conclut-il, philosophe. (AFP)


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