Les femmes africaines continuent à être très fréquemment victimes de mutilations sexuelles, indique une enquête réalisée dans plusieurs pays d’Afrique et financée par l’Agence américaine pour le développement international (USAID).
Selon cette étude réalisée par l’organisation Health Survey Program auprès de 55.000 femmes, environ neuf femmes sur dix vivant en Egypte, Erythrée, Mali ou Soudan ont au moins subi l’ablation partielle de leurs parties génitales externes. En Centrafrique et Côte d’Ivoire, 43% des femmes âgées de 15 à 49 ans ont été victimes des mêmes mutilations.
En appliquant ces taux aux estimations de population récemment publiées par l’ONU, près de 30 millions de femmes de cette tranche d’âge ont été victimes de mutilations sexuelles dans les sept pays étudiés, estiment les auteurs de l’étude.
Un total de 21 millions de fillettes et d’adolescentes de moins de 15 ans ont également subi ou sont susceptibles de subir d’ici à leur passage à l’âge adulte ce genre de mutilations, ajoutent-ils.
Si ces pratiques touchent toujours indifféremment les femmes issues de tous les milieux socio-économiques, celles de confession musulmane en sont plus largement les victimes. Ainsi, en Côte d’Ivoire, 80% des musulmanes ont subi des mutilations sexuelles, contre seulement 16% des femmes de religion chrétienne.
Comme l’indiquent les auteurs de l’étude, les femmes elles-mêmes soutiennent largement ce genre de pratiques, le plus souvent au nom des traditions. Plus de sept femmes sur dix sont favorables au maintien des mutilations sexuelles en Egypte, au Mali et au Soudan, notent-ils.
L’émergence d’une classe de femmes disposant d’un niveau d’éducation élevé dans certains pays africains pourrait, à terme, provoquer un recul de ce types de coutumes, conclut cependant le rapport. (AFP)


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