Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Les enfants cambodgiens se mobilisent contre la prostitution


Srey, une fillette de 14 ans, pensait que le fait d’être vendue comme esclave par sa mère était la plus grande trahison de sa vie.
Mais quand elle a été à nouveau vendue au propriétaire d’une maison close l’année dernière, elle réalisa que le pire restait à venir.
«J’étais enfermée dans une chambre et j’étais battue par le patron du bordel (quand) je ne voulais pas faire le travail», explique Srey.
Après avoir été esclave dans une famille, Srey a été vendue à une maison close pour 165 dollars. Elle y est restée enfermée pendant presque six mois, battue et forcée d’avoir des relations sexuelles avec des centaines d’hommes avant de s’évader.
Lors d’une visite à l’hôpital, pour soigner une maladie sexuellement transmissible, elle demanda de l’aide. En lui faisant vendre des babioles, les médecins ont réussi à la sortir de la maison close.
Des responsables de l’organisation d’aide aux enfants Child Welfare expliquent que Srey a eu beaucoup de chance d’avoir pu s’évader — la plupart des enfants qui doivent se prostituer n’ont pas tant de chance.
Il y a plus de 10.000 enfants qui se prostituent dans le pays, selon des études qui montrent que 35 pour cent des 30 à 35.000 prostituées au Cambodge sont mineurs.
Et leur nombre pourrait être beaucoup plus élevé puisque les mineurs sont souvent enfermés dans les maisons closes pour éviter que la police ne s’en aperçoive, estime Kien Serey Phal, directrice du Centre de développement des femmes du Cambodge.
Protégés par une mauvaise application de la loi, les patrons de maisons closes et leurs clients ne sont pas ou peu poursuivis en vertu de la loi portant sur le trafic d’êtres humains, votée il y a dix mois par le gouvernement, déclare Kien Serey Phal.

Le silence, une
tradition

Au contraire, explique-t-elle, des statistiques montrent que la prostitution a même augmenté depuis l’entrée en vigueur de cette loi.
«Tout le monde sait» que le gouvernement n’a eu que peu de succès suite à la mise en vigueur de la loi, qui prévoit des peines de prison allant de 10 à 20 ans pour ceux qui sont impliqués dans la prostitution d’enfants, selon un conseiller du gouvernement.
«La sévérité (de la loi) dépend du gouvernement», estime Mar Sophea, un conseiller du ministère des Affaires sociales, reconnaissant que peu de progrès ont été faits ces derniers mois.
Face à cette inertie gouvernementale, un comité d’enfants a décidé de prendre les choses en main la semaine dernière, en organisant une conférence de trois jours à l’aide de groupes de soutien locaux pour mettre un terme à l’abus de leurs droits.
Kong Sophal, âgé de 17 ans, qui est à la tête d’un groupe contre la violence, explique que le but des ateliers est d’arriver «à trouver des endroits pour tous ces enfants afin de les éduquer».
Le silence des enfants «est pratiquement une tradition au Cambodge», ajoute-t-il, expliquant qu’ils parlent plus facilement à d’autres enfants qu’à des adultes.
Srey faisait partie des quelque 70 enfants entre 12 et 17 ans qui ont participé à des activités destinées à accroître leur compréhension de leurs droits et de la signification des sévices sexuels.
«C’est un endroit où les enfants peuvent s’amuser», explique Srey. «Je ne suis jamais allée dans un lieu pareil avant, un endroit où je peux rencontrer de nombreux amis».
D’une voix douce mais sûre, elle déclare être déterminée à aider d’autres enfants pour qu’ils ne souffrent pas comme elle.
«Je lutterai contre les gens qui vendent des jeunes filles… et contre les patrons de maisons closes. Un jour, je serai une femme politique pour lutter contre tout ça». (AFP)
Srey, une fillette de 14 ans, pensait que le fait d’être vendue comme esclave par sa mère était la plus grande trahison de sa vie.Mais quand elle a été à nouveau vendue au propriétaire d’une maison close l’année dernière, elle réalisa que le pire restait à venir.«J’étais enfermée dans une chambre et j’étais battue par le patron du bordel (quand) je ne voulais pas faire le travail», explique Srey.Après avoir été esclave dans une famille, Srey a été vendue à une maison close pour 165 dollars. Elle y est restée enfermée pendant presque six mois, battue et forcée d’avoir des relations sexuelles avec des centaines d’hommes avant de s’évader.Lors d’une visite à l’hôpital, pour soigner une maladie sexuellement transmissible, elle demanda de l’aide. En lui faisant vendre des babioles, les...