Réduit à solliciter le soutien de la communauté internationale, le FIS reste tenu à l’écart des quatrièmes élections algériennes depuis le retour au processus électoral en 1995.
«La balle est dans le camp du régime, maintenant que l’AIS a déposé les armes et s’est montrée disponible à œuvrer politiquement. Mais si la situation reste en l’état, l’AIS en tirera les conséquences», a indiqué Djaafar el-Houari, membre de l’instance exécutive du FIS à l’étranger.
«Si toutes les portes politiques se ferment, il ne faut pas s’attendre à ce qu’on leur (le régime) offre un bouquet de fleurs. La lutte armée serait alors légitime défense», a ajouté M. Houari.
L’AIS a décrété la suspension sine die de ses actions armées à compter du 1er octobre, une première depuis le début des affrontements en Algérie en 1992 provoqués par l’annulation des élections législatives de décembre 1991.
Elle a justifié sa décision par la volonté de «dévoiler ceux qui sont derrière les abominables massacres et d’isoler les criminels (…) du GIA», le Groupe islamique armé.
Elle déclarait également vouloir favoriser la réconciliation «afin de sortir le pays de la crise».
Demande d’enquête
L’AIS, forte d’une quinzaine de milliers de combattants selon M. Houari, de plusieurs centaines selon les observateurs, est surtout active dans l’est et l’ouest, où elle possède des maquis structurés. Elle est peu présente dans l’Algérois, où se concentrent les massacres.
Dissous en 1992, après avoir remporté haut la main le premier tour des élections législatives de décembre 1991, le FIS est, depuis, absent de la scène politique algérienne.
Il n’a participé à aucun des scrutins qui ont eu lieu depuis le retour au processus électoral en 1995, ne serait-ce qu’indirectement en soutenant des candidats indépendants ou en appuyant des listes d’autres partis. Au contraire, il a appelé au boycottage, y compris pour les élections locales de ce jeudi.
Dans ce contexte, le FIS n’a d’autre choix que de se tourner vers la communauté internationale, une démarche qualifiée d’«ingérence» par le régime.
«Les bons offices de la communauté internationale sont essentiels pour faire pression sur le régime, afin qu’il résolve la crise en Algérie par des moyens politiques», estime Djaafar el-Houari. «La France, la Grande-Bretagne, et les Etats-Unis notamment ont les moyens de faire pression sur le régime algérien», ajoute-t-il.
Il en appelle aussi à l’ouverture d’une enquête internationale sur les massacres et la tenue d’une conférence de réconciliation nationale, «regroupant toutes les forces politiques du pays», qui soit dans le même esprit que la plate-forme de Rome de janvier 1995. Plusieurs partis de l’opposition avaient alors appelé à une solution politique incluant le FIS.
Par ailleurs, le FIS n’exclurait pas de changer de dénomination afin d’effectuer son retour sur la scène politique, pour se conformer à la loi sur les partis adoptée en début d’année.
L’appellation du parti ne représente que «la forme, la priorité pour l’heure est à l’arrêt de l’effusion de sang», a indiqué M. Houari. «Une telle question est de toute façon prématurée», a-t-il ajouté. (AFP)


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