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Actualités - Reportage

Commissions parlementaires : reconduction tous azimuts... pour cause de consensus (photos)

Décidément, tout va quand ça va entre MM. Nabih Berry et Rafic Hariri. Il serait peut-être injuste de parler de la sorte pour commenter l’élection-reconduction pour une année supplémentaire du mandat des commissions parlementaires, mais comme a dit ce député qui a sonné le glas de la vie politique au Liban, hier: «Les faits parlent d’eux-mêmes». A l’ouverture de la session ordinaire d’automne, la Chambre a «élu» les membres, les présidents et les rapporteurs de ses commissions, ainsi que les trois rapporteurs et les deux secrétaires généraux de son bureau. En fait, elle a approuvé leur maintien à leurs postes, jusqu’au premier mardi qui suivra le 15 octobre 1998. En tout la réunion aura duré un quart d’heure.
Bien avant la tenue de la réunion, dans les milieux proches du chef du Législatif, on indiquait que M. Berry était favorable à cette formule qui a l’avantage, selon les mêmes sources, de «maintenir l’équilibre des forces politiques au sein des commissions». Que serait-il arrivé au cas où cet équilibre aurait été rompu? Comment aurait-il pu l’être et en faveur de qui? Le chef du Législatif redoute-t-il une majorité parlementaire favorable au chef du gouvernement au sein des commissions, notamment au sein de celle des Finances qui s’apprête à jeter les bases d’une méthodologie de travail dans les divers départements de l’Etat à la faveur de l’examen du projet de budget? Les deux chefs du Parlement et du gouvernement se seraient-ils plutôt entendus pour des raisons déterminées à maintenir inchangée la composition des commissions? Si des questions de ce genre sont posées, c’est parce que le consensus parlementaire autour de la reconduction des mandats des commissions est intervenu après une réunion parlementaire qui a illustré aussi bien au niveau du fond que de la forme l’entente retrouvée entre les deux chefs du Parlement et du gouvernement.

«A l’unanimité»

Les membres actuels des 13 commissions parlementaires ont tous été réélus «à l’unanimité». Ils ont ensuite réélu «à l’unanimité» également leurs présidents et rapporteurs respectifs, ainsi que les membres du bureau de la Chambre. Le Bloc parlementaire du Hezbollah qui avait mené l’an dernier une bataille farouche pour faire accéder ses membres aux commissions qu’il juge importantes partage le point de vue du président de l’Assemblée. «Le parti est aujourd’hui bien représenté au sein des commissions», nous précise M. Mohamed Raad.
Il n’en demeure pas moins que pour éviter une surprise de dernière minute, son collègue Hussein Hajj Hassan recueille avant la réunion, les signatures des députés en faveur de son maintien comme rapporteur de la commission du Plan et du Développement, que préside M. Marwan Hamadé. Ses précautions se sont avérées vaines en définitive. Seul le député Jamil Chammas décide d’aller à contre-courant du climat consensuel en annonçant son retrait de la Commission du Plan. Il fera vite machine arrière: comme un seul homme, ses collègues protestent et le persuadent dans un brouhaha général, de revenir sur sa décision. Pourtant, s’il y avait eu des élections, plusieurs députés qui ne sont membres d’aucune commission, auraient présenté leur candidature. MM. Robert Ghanem et Tammam Salam auraient bien voulu faire partie de la commission de l’Administration et de la Justice, mais le climat consensuel était plus fort.
La réunion est ouverte à 10h30 et la séance commence par une lecture des textes de la Constitution et du règlement intérieur de la Chambre se rapportant aux élections. Un quart d’heure plus tard, tout est terminé et M. Berry demande aux députés réélus d’inscrire sur un bout de papier les noms des présidents et des rapporteurs des commissions préalablement au vote qui se déroulera à huis clos. Auparavant, il annonce que des députés membres de la Cour suprême jugeant les présidents seront prochainement convoqués à une réunion pour prêter serment: il s’agit de MM. Khatchig Babikian, Camille Ziadé, Marwan Farès, Salah Haraké, Ayman Schoucair, Raji Abou Haydar et Zaher el-Khatib (tous membres titulaires) ainsi que MM. Michel Pharaon, Abdel Rahman Abdel Rahman et Hassan Alawiyé (membres suppléants). Et le tour est joué. La séance prend fin sur une boutade de M. Chaker Abou Sleiman, qui interroge le chef du Parlement sur son nouveau titre. «Monsieur le président», répond l’intéressé.
Si M. Salah Haraké juge ensuite normal que les commissions soient ainsi toutes réélues à l’unanimité «puisqu’il n’y a eu aucun problème durant leur mandat», nous déclare-t-il, ses collègues Marwan Farès et Jamil Chammas n’en diront pas autant. Le député de la Békaa déplore «ce qu’est devenue» la vie parlementaire et, de manière générale, la vie politique au Liban. «Le problème est peut-être dans l’accord de Taëf», ajoute-t-il, estimant que «la situation du Parlement doit faire l’objet d’un examen».
M. Chammas souligne pour sa part qu’il était favorable à des élections, «surtout que chaque commission a eu le temps de tester les capacités de ses membres». Il a lui-même avoué qu’il ne donne pas à la commission du Plan le temps qu’il faut et qu’il aurait bien voulu, par ailleurs, être membre de la commission des Finances, d’autant a-t-il ajouté, qu’il participe à la plupart de ses réunions et qu’il travaille dans le domaine des finances.
Son vœu sera peut-être exaucé en octobre prochain, à moins que la manie de la reconduction ne gagne la Chambre.

Tilda AOUB RIZK
Décidément, tout va quand ça va entre MM. Nabih Berry et Rafic Hariri. Il serait peut-être injuste de parler de la sorte pour commenter l’élection-reconduction pour une année supplémentaire du mandat des commissions parlementaires, mais comme a dit ce député qui a sonné le glas de la vie politique au Liban, hier: «Les faits parlent d’eux-mêmes». A l’ouverture de la session ordinaire d’automne, la Chambre a «élu» les membres, les présidents et les rapporteurs de ses commissions, ainsi que les trois rapporteurs et les deux secrétaires généraux de son bureau. En fait, elle a approuvé leur maintien à leurs postes, jusqu’au premier mardi qui suivra le 15 octobre 1998. En tout la réunion aura duré un quart d’heure.Bien avant la tenue de la réunion, dans les milieux proches du chef du Législatif, on...