Les Cobras, membres de la milice de Denis Sassou-Nguesso, nouvel homme fort du Congo, continuent de sillonner la ville du nord au sud dans des voitures chargées de biens domestiques ou poussent des brouettes au chargement hétéroclite.
Plusieurs barrages ont cependant été dressés devant lesquels, dans une relative indiscipline, les uns essaient de désarmer les autres. Mais la fatigue, l’excitation ou le manque d’autorité profitent au manque d’efficacité de ces barrages.
Une relative normalisation est cependant intervenue avec la réapparition d’habitants qui étaient terrés dans les forêts voisines pendant les combats. Timidement, portant un baluchon, ils marchent vers leurs quartiers en s’écartant dès qu’ils voient un uniforme.
L’ambassadeur de France Raymond Césaire s’est rendu en milieu de matinée à l’ambassade qu’il avait dû quitter fin août en raison de l’intensité des combats dans ce quartier. Les forces de Pascal Lissouba avaient alors assuré la garde de la chancellerie et du consulat.
Dans le grand bâtiment situé en plein centre, tout est chamboulé. Armoires vidées, vitres brisées, meubles renversés. Les plus beaux ont disparu. Le personnel de l’ambassade avait pris soin, avant de quitter les locaux, de détruire la plupart des documents et les archives historiques avaient été mises en sûreté à la chancellerie.
Dans le bureau de l’ambassadeur, des impacts de roquettes sont visibles, dont un a transpercé le mur. «Le premier conseiller dormait juste au-dessus quand elles ont touché le bâtiment», dit Raymond Césaire.
L’ambassade américaine, à quelques centaines de mètres, est par contre dévastée. Un incendie a ravagé le rez-de-chaussée et le premier étage. La cabine d’où l’ambassadeur communiquait avec Washington a été éventrée, les deux vitres blindées sont en miettes.
Dans un bureau, des dizaines de cravates noires sont étalées. Les Américains étaient prêts à réagir en cas de deuil. Deux paires de skis et un club de golf sont éparpillés sur la pelouse. Un Cobra, interrogé sur les raisons de sa présence dans le bureau du conseiller, dit: «On vérifie seulement, les Cocoyes sont passés avant nous». Ces miliciens étaient sous les ordres de Pascal Lissouba, le président déchu du Congo. (AFP)


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