En invoquant son droit de poursuite contre les forces du président Pascal Lissouba accusées d’avoir attaqué le territoire angolais, Luanda a pris Pointe Noire assurant ainsi la victoire complète de l’ancien président congolais Denis Sassou-Nguesso.
L’Angola, qui ne pouvait permettre un risque d’extension du conflit congolais du Cabinda, se met en outre en position d’exiger de son nouvel allié une coopération totale pour priver la guérilla indépendantiste de l’enclave de ses bases de repli au Congo.
Depuis l’indépendance de l’Angola en 1975, les mouvements de guérilla du Cabinda restent très actifs même s’ils ne menacent pas réellement des sites d’extraction pétrolière ni la ville de Cabinda située sur l’Atlantique.
Le Front de libération de l’enclave du Cabinda (FLEC), dont les deux groupes les plus actifs sont le FLEC-Rénové et le FLEC-FAC (tendance Forces armées du Cabinda) ont par le passé utilisé pour leurs bases arrières les territoires de la République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre) et du Congo avec l’approbation des gouvernements en place.
Police minière
L’enclave de Cabinda représente près de 65 pour cent du total de la production de pétrole angolais qui s’élève à plus de 700.000 barils/ jour.
Dans l’ex-Zaïre, les troupes angolaises bien formées et bien équipées avaient eu un rôle déterminant dans la victoire de Laurent-Désiré Kabila. Les soldats angolais avaient notamment participé activement à la prise de la ville de Kenge, dernière poche de résistance de l’armée du président Mobutu sese Seko sur la route de Kinshasa.
L’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA, ex-rébellion armée), qui avait l’appui total de Mobutu pendant et après la guerre civile angolaise et qui pouvait ainsi contrôler une grande partie des zones diamantifères du nord-est de l’Angola, se trouvait privée de bases arrières.
Aujourd’hui, l’UNITA de Jonas Savimbi a perdu tous ses alliés: ceux du début de la guerre civile, les Etats-Unis et l’Afrique du Sud et, aujourd’hui, ses alliés régionaux du Congo et de l’ex-Zaïre.
A la frontière est de l’Angola, la Zambie qui avait observé une «neutralité bienveillante» vis-à-vis de Laurent-Désiré Kabila lors de son offensive vers Kinshasa n’est plus de grand secours pour l’UNITA.
Menacé de sanctions par l’ONU, l’ancien mouvement rebelle négocie actuellement l’abandon de ses fiefs de Bailundo et de Andula (centre) et des gisements de diamants qu’elle contrôle avec sa «police minière» dans le nord-est du pays.
Trois ans après la signature des accords de paix inter-angolais de Lusaka, l’UNITA n’a plus les moyens — ni politiques, ni militaires — de résister à l’unification administrative de l’Angola ni d’envisager une alternative à sa transformation en parti politique. (AFP)

