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Actualités - Chronologie

Gri-gri anti-balles


Plusieurs miliciens Cobras qui ont combattu au Congo pour Denis Sassou Nguesso ont expliqué que des fétiches les avaient protégés des balles pendant les combats qu’ils ont menés contre les partisans de Pascal Lissouba mais qu’aucun gri-gri ne pouvait les défendre des éclats d’obus ni des roquettes.
Ceux-ci font des éclats qui déchirent et la sorcellerie n’avait pas prévu ça, ont-ils expliqué. «Les fétiches protègent surtout des balles-surprises, celles qui viennent sans qu’on les attende», explique Martial Zatonga, policier qui a pris part aux combats avant de devenir le chauffeur du chef d’état-major.
Pour faire un gri-gri, poursuit-il, le ganga ou féticheur demande 1.000 F CFA (10 FF), il prend une balle, il la perce pour lui faire perdre sa valeur guerrière puis il la trempe dans l’huile de palme ou dans le sang d’un animal sacrifié. Le lien est fait d’une ficelle rouge enduite dans la poudre de la même balle. On le porte autour du cou ou sur un bras.
Joël, qui aurait dû passer son bac si les combats n’avaient pas commencé, le porte dans les plis de la manche de son treillis. Sa famille entière est protégée «car elle est de racine royale». D’autres doivent régulièrement retourner au village où est installé le féticheur «car ils ont enfreint les règles»: ne pas voler, ne pas manger de viande de bœuf ou ne pas avoir de rapport sexuel pendant la guerre. «Ce n’est pas vrai», dit un jeune combattant qui explique, l’œil égrillard, que «l’un n’empêche pas l’autre».
Au cours des 3 premiers mois des combats, les Cobras ont déploré 105 morts dont seulement 10 au combat, les autres sont morts accidentellement. Parmi eux, il y avait plusieurs «fusils nocturnes», des morts inexpliquées, explique un combattant.
«C’est une question de foi», dit un autre. «Ce qui compte surtout c’est de savoir ce à quoi le fétiche est destiné», poursuit-il.
Certains fétiches «vous protègent dans le domaine intellectuel», «tous les majors de promotion en ont», souligne-t-il. «Il y en a d’autres dans le domaine électoral», dit-il sans imaginer que les derniers événements aient pu en arrêter la production. D’autres enfin sont pour les chefs, «tu parles, tous obéissent direct», conclut-il. (AFP)

Plusieurs miliciens Cobras qui ont combattu au Congo pour Denis Sassou Nguesso ont expliqué que des fétiches les avaient protégés des balles pendant les combats qu’ils ont menés contre les partisans de Pascal Lissouba mais qu’aucun gri-gri ne pouvait les défendre des éclats d’obus ni des roquettes.Ceux-ci font des éclats qui déchirent et la sorcellerie n’avait pas prévu ça, ont-ils expliqué. «Les fétiches protègent surtout des balles-surprises, celles qui viennent sans qu’on les attende», explique Martial Zatonga, policier qui a pris part aux combats avant de devenir le chauffeur du chef d’état-major.Pour faire un gri-gri, poursuit-il, le ganga ou féticheur demande 1.000 F CFA (10 FF), il prend une balle, il la perce pour lui faire perdre sa valeur guerrière puis il la trempe dans l’huile de palme ou dans...