Dans un entretien accordé à la presse dans sa ville natale d’Oyo (Nord du Congo), le général Sassou a estimé que la période de transition est nécessaire pour préparer le pays à une «élection présidentielle libre et transparente», et a réitéré sa volonté de former «un gouvernement de large union nationale».
«Nous ne tirerons pas (cette période de transition) en longueur», a-t-il poursuivi, indiquant qu’un «calendrier sera fixé dans les tout prochains jours, à Brazzaville» et que «la constitution du gouvernement sera un message concret de paix et d’unité».
M. Sassou Nguesso n’a pas envisagé d’interdiction de partis actuels, tout en excluant que «le peuple congolais puisse pardonner au génocidaire Lissouba (le président déchu) responsable de 10.000 morts».
Brazzaville, partiellement détruite par 4 mois de combats, est encore désertée par ses habitants alors que les miliciens continuaient de piller les maisons du centre-ville.
Toutefois, aucun affrontement, hormis quelques coups de feu attribués à des «bandits», n’a été signalé dans la capitale.
Seuls quelques centaines d’habitants du nord de la ville, partisans du nouvel homme fort du Congo, sont là. La plupart des habitations locales sont vides. Dans les quartiers du centre et du sud une centaine de miliciens vident les maisons précédemment occupées par leurs ennemis.
Des habitants ont commencé à réapparaître dans les différents quartiers mais aucune habitation n’a été rouverte. Dans des secteurs très localisés, près des habitations des dignitaires du régime ou le long d’une ligne de front, les dégâts sont importants. Le centre-ville est dévasté autant par les pillages que par la guerre.
La résistance continue
Dans le sud-ouest, à Dolisie, une poche de résistance subsiste, dirigée par l’ex-président Pascal Lissouba.
Le président renversé n’a pas l’intention de quitter le pays et «préfère mourir à Dolisie en plein Congo pour continuer de défendre la légalité constitutionnelle et la démocratie», a déclaré à Libreville, capitale du Gabon, le porte-parole de la délégation gouvernementale aux pourparlers de paix de Libreville, Grégoire Lefouoba.
Evoquant la situation militaire dans son pays, le porte-parole de la délégation a soutenu avec force que «cinq régions sur dix ne sont pas aux mains de Sassou Nguesso, principalement dans le sud-ouest du pays».
«Nous contrôlons encore toute l’économie et, si Pointe-Noire est bien aux mains du rebelle Sassou, le reste de la région est demeuré loyaliste et fidèle au président Lissouba», a ajouté le porte-parole.
Il estime désormais qu’il faut «revenir à la médiation internationale (celle du président gabonais Omar Bongo et de l’envoyé spécial de l’ONU et de l’OUA Mohammed Sahnoun) sur la base du cessez-le-feu que nous avons signé».
Le porte-parole de la délégation congolaise a vivement critiqué l’attitude de la France dans cette crise: «La France participe à l’enterrement de la démocratie au Congo en entérinant l’expression de «nouvel homme fort» pour qualifier le chef de guerre Sassou», a affirmé M. Lefouoba pour qui l’appel à la réconciliation lancé vendredi par Sassou Nguesso est «une simple déclaration d’un chef de parti qui s’est adressé à ses militants».
A Paris, le ministère des Affaires étrangères a annoncé l’envoi à Brazzaville d’un hôpital de campagne avec appui médical et chirurgical «pour faire face à la situation sanitaire préoccupante».
L’envoi de cette structure médicale d’urgence de la sécurité civile fait suite à une demande du président Jacques Chirac, qui avait souhaité l’envoi rapide d’une «structure sanitaire» à Brazzaville. (AFP)


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