«Guernica», le célèbre tableau de Picasso évoquant le tragique bombardement de cette ville basque pendant la guerre civile espagnole, sera le grand absent de l’inauguration du Musée Guggenheim de Bilbao samedi.
Pourtant, une salle spécialement prévue pour cette toile est prête à le recevoir au deuxième étage du musée. «Depuis que j’ai commencé à concevoir ce musée j’ai pensé qu’un jour il pourrait abriter «Guernica», expliquait l’architecte Frank Gehry au roi Juan Carlos lors d’une visite l’an dernier.
Malgré les interventions politiques au plus haut niveau et même un vote favorable du Parlement espagnol, le Musée d’art contemporain Reina Sofia de Madrid où il est exposé refuse de le céder compte-tenu de son extrême fragilité.
L’un des avocats les plus acharnés pour l’exposition du «Guernica» à Bilbao est l’Américain Thomas Krens, directeur de la fondation Guggenheim: «Depuis qu’il a été peint il a voyagé dans 35 villes. Il a même été en Allemagne et c’est la Luftwaffe qui a bombardé «Guernica». Je crois que les Basques méritent d’avoir cette toile, ne serait-ce qu’une fois. Ce serait un geste d’une portée politique énorme».
Pour appuyer son refus de déménager le tableau et tenter de mettre fin à la polémique, le département de conservation et de restauration du Musée Reina Sofia a récemment publié une étude de 187 pages sur l’état de «Guernica». Le rapport comporte 137 photos des zones détériorées du tableau peint en 1937 à la suite d’une commande de la République espagnole pour l’exposition internationale de Paris.
Le Musée Guggenheim n’estime cependant pas avoir perdu la bataille puisqu’il prévoit dans deux ans une exposition consacrée à «Picasso et la guerre» inconcevable sans «Guernica». (AFP)


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