Quel «désastre» s’exclame le journal populaire «Daily Mail» tandis que le «Guardian» dresse l’inventaire de la «débâcle» et de «l’avalanche de gaffes» qui ont émaillé la visite: annulation d’un discours de la souveraine par les autorités indiennes, fureur du premier ministre indien après les supposées propositions de médiation britannique dans le conflit indo-pakistanais au Cachemire, mise en doute par le prince Philip du bilan du massacre de civils perpétré par les troupes coloniales britanniques en 1919 à Amristar.
«De mémoire de chroniqueur royal, on n’a jamais vu de visite aussi catastrophique», insiste le «Daily Mail», en soulignant que l’affaire est «tragique» pour la reine qui avait déjà dangereusement décliné dans l’estime de ses sujets depuis la mort de la princesse Diana.
Pour autant, l’ensemble des journaux se gardent de jeter la pierre à la souveraine, qu’ils ne jugent pas responsable de la cascade d’incidents de cet éprouvant voyage.
«Si la présence de la reine était jugée si indésirable par l’Inde, pourquoi l’ont-ils invitée?» demande le «Daily Telegraph»: «Quoi qu’elle dise, ses propos seront mal interprétés», ajoute le journal, qui attribue les difficultés de la reine à la rancœur de l’ex-colonie contre l’ancienne puissance coloniale, cinquante ans après son indépendance.
Certains journaux continuent de s’en prendre au gouvernement de Tony Blair et aux propositions de médiation dans le conflit du Cachemire qui auraient été faites par le secrétaire au Foreign Office Robin Cook. Quel «maladroit», s’exclame le «Daily Mail».
L’entourage de la reine est également critiqué. «Ils n’ont pas anticipé les réactions épidermiques des Indiens», estime le «Guardian».
Le prince Philip a sérieusement indisposé les journaux avec sa gaffe sur le massacre d’Amritsar qui, souligne la presse, vient s’ajouter à un palmarès déjà chargé.
Il «ouvre la bouche avant même de mettre son esprit en action», écrit le «Guardian». Mercredi, le «Daily Express» avait dressé la carte mondiale des gaffes commises par le prince au cours de ses visites d’Etat. A en croire le journal, Philip d’Edimbourg s’était particulièrement distingué en 1984 au Kenya. Comme une Kenyane lui offrait un cadeau, le prince avait demandé: «Vous êtes une femme, n’est-ce pas?» (AFP)


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