La devise a touché en début d’après-midi 3,3515 FF pour un mark, son plus haut niveau depuis mai 1992, après avoir franchi le cours pivot de 3,35386. Elle se traitait encore à 3,3544/49 mardi en fin de journée et au-dessus de 3,3580 vendredi dernier dans l’après-midi quand les choses ont commencé à se précipiter.
Les marchés ont vu dans la hausse de taux des Banques centrales allemande, française, néerlandaise, belge et autrichienne de jeudi, chacune portant son principal taux d’intervention au même niveau de 3,30%, un «renforcement du calendrier européen», dit un économiste.
Selon un sondage effectué par Reuters auprès d’analystes et d’instituts de conjoncture européens, l’UEM a 88% de chance de démarrer comme prévu en janvier 1999, soit le chiffre le plus élevé depuis la première de ces enquêtes, en novembre 1996, réalisées chaque mois.
«Aujourd’hui, le raisonnement des marchés c’est: les taux marks égalent les taux francs, la parité à terme égale le cours pivot et donc le cours spot égale le cours pivot», résume un cambiste.
Les marchés, ajoute-t-il, n’ont aucune raison d’attendre la fixation des parités, prévue en mai, en vue de l’entrée dans l’euro pour se rendre à cette évidence.
L’accélération de la hausse du franc contre mark tient essentiellement à des facteurs techniques, intervenant via une succession de «stop losses» de non-résidents longs en mark, comme des fonds ou des banques d’investissement, sur la rupture des derniers gros supports à 3,3580 puis 3,3540, indique un responsable de change d’une grande banque française.
Ceci explique que la parité franc-mark, travaillée dans un seul sens, ait allègrement enfoncé son cours pivot du SME.
Selon le responsable de change, le marché pourrait être tenté d’aller tester 3,35, «un niveau où il y a pas mal de barrières désactivantes de positions, comme des options, et que personne ne prévoyait de revoir jusqu’à encore récemment».
«La question est de savoir si la Banque de France leur en laissera le loisir», ajoute-t-il.
Jean-Pierre Gomez, de Forex Finance, voit le prochain seuil important à 3,3480, tout en soulignant qu’une poursuite de la hausse du franc contre mark n’aurait «pas beaucoup de sens».
«C’est la fin d’un grand cycle de 10 ans. On revient à la case départ sur la parité franc-mark avec en plus une harmonisation des taux», dit-il.
«Une seule fois au cours de cette période, la France a tenté de passer sous les taux allemands, et cela ne lui a pas réussi. Aujourd’hui, l’harmonisation est totale et la volatilité sur le couple franc-mark devrait disparaître», conclut-il. (Reuter)


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