Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Photographing fairies Fées sur pellicule

La science-fiction est l’alibi des cinéastes américains pour évoquer d’autres mondes. Celui des réalisateurs britanniques est le fantastique féerique, comme l’atteste «Photographing Fairies».
La dernière aventure du professeur Challenger, personnage créé par Conan Doyle avant Sherlock Holmes, a pour thème le spiritisme, dont le romancier était un fervent adepte. Ce qui lui valut certaines déconvenues pour avoir cru dur comme fer à l’existence des fées puisqu’elles avaient été photographiées.
Les photos en question se révélèrent être un faux. Cet épisode est réinterprété dans «Photographing Fairies», dont le héros, un photographe joué par Toby Stephens, démonte la superchérie.
Comme Conan Doyle, ce photographe a perdu son épouse. Et comme lui, il partira à la recherche de preuves d’existence d’un autre monde. Il verra les fées, à la faveur d’une fleur hallucinogène ayant elle-même la forme des petits elfes, et les saisira sur la pellicule.
L’incrédule destructeur est ici un pasteur, interprété comme toujours magistralement par Ben Kingsley. Le film est ainsi conçu que l’on ne sait jamais très bien dans quel monde se déroule l’action, ce qui contribue fort à son charme.
L’histoire se déroule après la Première Guerre mondiale et montre que l’on pouvait déjà à l’époque manipuler les images, puisque le héros effectue des montages grâce auxquels les parents de soldats décédés peuvent se faire prendre en photo avec leur fils, comme s’il était encore vivant.
«Dans un sens, la photographie est une manipulation puisqu’elle fixe, gèle, une image pour l’éternité, déclare Nice, dont c’est le premier essai en long métrage. De par la mort de son épouse, Castel (le photographe) est gelé à l’intérieur de lui-même et se spécialise dans le gel des autres par les portraits de famille (truqués) qu’il fait.»
«Il est obsédé par le monde des morts mais porte sur les choses un regard froid, dénué de passion, c’est pourquoi, la photographie est primordiale à plusieurs niveaux», ajoute-t-il.
Entre autres choses, le film apprend au spectateur à quel niveau de technicité la photographie en était arrivée dès le début du siècle.
Le travail de recherche sur l’Angleterre d’après-guerre a été primordial, une époque que le réalisateur connaissait bien, avant même de se lancer dans son long métrage.
«Il fallait capturer l’esprit du temps en Angleterre après la Première Guerre mondiale, où l’on tentait d’expliquer scientifiquement l’existence des esprits».
«C’est un film moderne, où se dégagent les rapports de la science avec la foi. C’est une idée qu’on avait abandonnée et qui revient en force», a souligné la productrice du film, Michele Camarda, par ailleurs épouse du cinéaste.
«Contact», long métrage de science fiction de Robert Zemeckis d’après un sujet de Carl Sagan, exploite aussi ce thème. Willing «déplore qu’il ne soit pas allé plus loin. Mais je comprends toutefois qu’il en soit resté là. Nos deux films explorent des idées ou des émotions que l’on a longtemps négligées, comme l’amour éternel».
La photographie du film, signée John de Borman, est rien moins que somptueuse. Caspar David Friedrich, Goya ou encore Vermeer furent des sources d’inspiration pour le travail de la lumière. «Il n’était pas question de réalisme dans l’image mais au contraire de créer un autre monde, teinté de romantisme».
Les références cinématographiques sont là aussi: David Lean surtout, pour «Docteur Jivago» et «Ryan’s Daughter», mais aussi Luis Bunuel «pour la façon de montrer des rêves éveillés».
Les effets spéciaux ont été mis à contribution, dans la conception des fées, petits êtres nus et ailés le plus souvent féminins, à l’exception d’un elfe bedonnant.
«Ce sont des créatures qui vivent dans le monde des morts et elles devaient donc donner l’apparence de cadavres, mais de cadavres revenus à la vie», observe Willing.
«Là encore, il ne fallait pas être trop réaliste. Ces créatures ne devaient pas nous ressembler», dit-il encore.
Le film doit sortir au début de 1998 en Europe et probablement au printemps aux Etats-Unis.
Le couple Willing-Camarda est reparti pour de nouvelles aventures avec «Dr Sleep», un thriller axé sur le personnage d’un hypnotiseur dans le Londres contemporain. «Nous espérons démarrer le tournage aux alentours du printemps 98», précise Camarda. (Reuter)
La science-fiction est l’alibi des cinéastes américains pour évoquer d’autres mondes. Celui des réalisateurs britanniques est le fantastique féerique, comme l’atteste «Photographing Fairies».La dernière aventure du professeur Challenger, personnage créé par Conan Doyle avant Sherlock Holmes, a pour thème le spiritisme, dont le romancier était un fervent adepte. Ce qui lui valut certaines déconvenues pour avoir cru dur comme fer à l’existence des fées puisqu’elles avaient été photographiées.Les photos en question se révélèrent être un faux. Cet épisode est réinterprété dans «Photographing Fairies», dont le héros, un photographe joué par Toby Stephens, démonte la superchérie.Comme Conan Doyle, ce photographe a perdu son épouse. Et comme lui, il partira à la recherche de preuves d’existence...