Un haut dirigeant du Front Moro islamique de Libération (MILF) a démenti des rapports de presse selon lesquels cinq personnes, dont une femme adultère, seraient fusillées en public vendredi prochain, mais il a confirmé que trois hommes condamnés pour meurtre seraient exécutés avant la fin de l’année.
Le MILF avait procédé lundi à l’exécution devant plusieurs centaines de personnes de deux hommes, un chrétien et un musulman condamnés pour assassinat, et avait annoncé qu’il ne reconnaissait pas la constitution philippine dans le domaine de la justice.
«Il ne faut pas qu’ils pensent pouvoir répéter cela. Nous allons les arrêter», a averti devant des journalistes le ministre de la Défense, Fortunato Abat, soulignant son souci de «protéger le processus de paix».
Le MILF, qui dispose d’une force de 10.000 hommes sur le terrain, ne s’était pas associé à un premier accord de paix conclu l’an dernier avec Manille et mène en ce moment ses propres négociations pour un cessez-le-feu.
Un bataillon d’infanterie a été déployé aux environs du village de Masiu où ont eu lieu les exécutions de la semaine dernière, a annoncé le chef de l’état-major général des armées, le général Arnulfo Accedera, soulignant que les troupes interviendraient si d’autres exécutions avaient lieu.
Le vice-président du MILF, Mohamad Murad, a indiqué dans une interview téléphonique que les trois hommes devant encore être exécutés avaient été condamnés par une cour islamique et qu’ils passeraient devant le peloton «d’un moment à l’autre cette année».
«Si nous cessons les exécutions de criminels, nous cessons la pratique de notre religion islamique, ce que nous ne ferons jamais», a déclaré un autre officiel du MILF, Aleem Aziz Abdul Mimbatas, annonçant que dix autres personnes, également inculpées de meurtre, devaient encore passer en jugement dans le camp d’entraînement du MILF de Abubakar, non loin de la ville de Cotabato.
«Les lois philippines ne sont faites que par l’homme, tandis que la loi islamique est faite par Allah, et les exécutions ne peuvent donc pas être arrêtées», a ajouté Mimbatas.
Fidel Ramos a condamné la semaine dernière ces exécutions sauvages qui illustrent les difficultés des autorités à contrôler la situation dans la grande île de Mindanao, qui forme un tiers du territoire philippin et pour lequel le MILF demande l’indépendance sous la loi islamique.
«Nous ne permettrons pas qu’un seul mètre carré de notre république soit contrôlé par quiconque en dehors des autorités légales», a affirmé, en commentant la situation, le général Accedera.
Pour un ex-diplomate philippin de renom, Oscar Villadolid, «une opération militaire d’envergure est peut-être le seul moyen pour le gouvernement philippin d’affirmer de nouveau son autorité dans le sud». (AFP)


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