Hillary Clinton, qui fêtera ses 50 ans le 26 octobre, est revenue sur le devant de la scène après une période de retrait où elle semblait avoir opté un rôle plus traditionnel, notamment lors de la dernière campagne électorale.
Les critiques sur ce qui passe pour une trop forte personnalité, son carriérisme, les échecs de la réforme du système de santé, l’imbroglio politico-financier de Whitewater semblent momentanément oubliées: c’est le visage souriant d’une femme sereine qu’elle présente au public sur la couverture de l’hebdomadaire «Time».
Elle jouit pour la première fois depuis son arrivée à la Maison-Blanche d’un taux record de popularité. Selon un sondage que vient de publier l’hebdomadaire «US News and World Report», qui n’hésite pas à parler de la «résurrection de Hillary», 59% des électeurs américains affirment avoir une image favorable de la «First Lady» et 67% approuvent son travail à la Maison-Blanche, soit un taux d’approbation plus élevé que celui du président lui-même.
Après les trépidations, largement partagées avec l’Amérique entière, liées au départ de sa fille Chelsea du cocon familial le mois dernier, Hillary s’est lancée dans un tourbillon d’activités. Selon son entourage, Mme Clinton ne passera que deux ou trois nuits à la Maison-Blanche au cours des prochaines semaines.
Elle vient de participer à un sommet historique de «Premières dames» des Amériques au Panama et accompagne actuellement son époux dans un voyage officiel au Venezuela, en Argentine et au Brésil, où elle a son propre programme.
De retour à Washington, elle présidera à la Maison-Blanche une conférence sur l’enfance, un sujet qui lui tient à cœur et sera l’invitée d’honneur du gala annuel d’Africare, une organisation non-gouvernementale impliquée dans des projets de développement en Afrique, où elle s’est rendue en mars.
Elle repartira ensuite à la fin du mois pour l’Irlande, l’Ulster et la Grande-Bretagne, avant d’effectuer une tournée de dix jours en novembre en Asie centrale, notamment au Kazakhstan et en Ouzbékistan. Des voyages dans plusieurs grandes villes américaines sont également prévus, dont un périple nostalgique à Chicago, sa ville natale, le jour de son anniversaire.
«Ce n’est pas tant le fait d’avoir 50 ans qui me préoccupe que d’avoir atteint le demi-siècle», confiait-elle récemment en riant à un cercle choisi de journalistes américains. «Mais plus que mon anniversaire, c’est le fait que ma fille est maintenant à l’université qui représente un tournant», ajoutait-elle.
Hillary Clinton a commencé également à évoquer l’après-Maison-Blanche, et son probable retour en l’an 2001 en Arkansas, Etat natif de son époux et dont il a été gouverneur pendant près de douze ans. Bill Clinton, qui aura 54 ans, sera un des plus jeunes ex-présidents des Etats-Unis à l’exception de Theodore Roosevelt qui avait à peine 50 ans.
Bill Clinton envisage la perspective de retour dans l’Arkansas «avec beaucoup de plaisir», selon Hillary Clinton. «Mais nous voyagerons aussi sans doute beaucoup», dit-elle.
Même si elle n’avoue rien de concret sur son avenir, ses proches nourrissent pour elle d’ambitieux projets. Certains la voient briguer un poste de sénateur pour l’Illinois, d’autres la voient présider une université, ou diriger une fondation.
Hillary Clinton ne sera pas la seule à avoir des états d’âme en franchissant le Rubicon de la cinquantaine: la génération des «baby boomers», dont le président Clinton a été le premier à entrer à la Maison-Blanche, comprend maintenant 76 millions d’Américains. (AFP)

