Une travailleuse rurale de l’Etat du Maranahao (nord-est) recevra mardi à Londres un prix «anti-esclavage» de l’organisation non-gouvernementale britannique Anti-Slavery, pour sa lutte contre l’esclavage rural au Brésil, a indiqué un responsable de la Commission pastorale de la terre (CPT).
Le nom de Pureza Lopez Loyola, 54 ans, une travailleuse rurale de Babacal (Maranahao) a été proposé par la CPT pour la lutte qu’elle a menée depuis 1993 pour retrouver son fils Abel, disparu après avoir été «embauché» pour un travail incertain dans l’Etat voisin du Para.
Pureza, une femme simple, est d’abord allée à Brasilia et a frappé aux portes de tous les ministères, en vain.
Elle a alors tout vendu et munie d’un magnétophone et d’un appareil photo, elle est partie de fazenda (grande ferme) en fazenda à la recherche d’informations sur Abel.
Ce qu’elle a vu et notamment à Agronumes (Maranahao) lui a fait peur, selon la CPT.
«J’ai vu des centaines de travailleurs agricoles enchaînés, fouettés, battus, punis et incapables d’abandonner leur travail à cause d’une dette injuste qu’ils avaient avec le propriétaire de la terre», avait dit en avril dernier Pureza Loyola après l’annonce officielle de l’octroi du prix à Goiania (à 200 kilomètres de Brasilia).
Finalement, fin mai 1996, Pureza a retrouvé Abel qui s’était enfui de plusieurs fazendas et était recherché par des tueurs.
Elle a raconté son histoire à un avocat de la CPT, José do Carmo Siqueira, qui s’est transformée en rapport sur le travail forcé dans la région. (AFP, Reuter)


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