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Actualités - Chronologie

Le grand malade de l'Asie

Intronisé maître de la Corée du Nord, Kim Jong-II fait face à tant de problèmes intérieurs et extérieurs qu’ils suscitent des interrogations sur la survie de ce pays devenu le grand malade de l’Asie orientale, soulignent jeudi les experts et commentateurs japonais.

«L’effondrement de la Corée du Nord est simplement retardé par l’aide internationale alimentaire et énergétique ainsi que le contrôle social violent qu’exercent la police et l’armée», souligne Chikara Nishioka, rédacteur en chef de la revue de «l’Institut de la Corée moderne».
«Mais quoi qu’il fasse, le régime de Kim Jong-II ne durera probablement pas jusqu’au XXIe siècle», prédit-il dans les colonnes du quotidien conservateur Sankei Shimbun.
La tâche la plus urgente pour le nouveau secrétaire général du Parti des travailleurs nord-coréen est d’extraire son pays de l’isolement dans lequel il se trouve et surmonter la très grave crise économique qu’il traverse, estime Hajime Izumi, professeur de l’Université de Shizuoka.
«Cependant on ne voit pas très bien comment la Corée du Nord de Kim Jong-II va s’y prendre pour surmonter tous ces problèmes intérieurs et extérieurs», ajoute-t-il.
Touchée par deux années d’inondations catastrophiques et ne disposant plus de l’aide de ses anciens alliés communistes, la Corée du Nord est aujourd’hui dépendante des aides humanitaires internationales et de la livraison annuelle de 500.000 tonnes de pétrole par les Etats-Unis en échange de gel de son programme nucléaire, relèvent plusieurs de ces experts.

En douceur

Cette mise sous perfusion artificielle de la Corée du Nord, financée essentiellement par la Corée du Sud, le Japon et les Etats-Unis, vise à éviter l’émergence d’une crise en permettant un «atterrissage en douceur» pour un régime aux abois qui devient menaçant sur le plan militaire.
Katsumi Sato, directeur de l’Institut de la Corée moderne basé à Tokyo relève que pour respecter la procédure normale, Kim Jong-II aurait dû être élu lors d’une réunion du Comité central. Mais le communiqué au Comité central annonçant sa nomination ne fait pas de mention de cette réunion.
«Il est très possible que le Comité central n’a pas été réuni. Si c’est le cas, ceci accréditerait la thèse d’une paralysie des groupes de réformistes, tel celui du premier ministre Kang Song San, résultant de la mainmise illégale sur le pays de Kim Jong-II et ses fidèles», ajoute-t-il.
Fils et dauphin du président Kim II-Sung mort en juillet 1994, Kim Jong-Il a inauguré la naissance de la première dynastie communiste du monde.
«Cette investiture ne devrait pas changer radicalement la politique menée par la Corée du Nord. Je crois toujours à la possibilité d’un effondrement», ajoute M. Sato dans le quotidien des affaires Nihon Keizai Shimbun.
Pour Masao Okonogi, professeur à l’Université Keio, Kim Jong-Il prendra probablement les fonctions de président de la Corée du Nord l’an prochain en septembre, à l’occasion du 50e anniversaire de la fondation de la République populaire démocratique de Corée.
Son père assumait les deux fonctions de chef du parti et de président.
Pour durer, Kim Jong-Il, 55 ans, devra réussir le pari délicat de lancer des réformes économiques du type de celles entreprises par la Chine sans déstabiliser le régime politique actuel, relève M. Okonogi.
Tous ces experts s’accordent sur la nature du principal défi qui attend Kim Jong-Il: ouvrir suffisamment le pays sur le monde extérieur pour réussir la reconstruction de l’économie tout en évitant l’implosion d’un régime néo-stalinien qui donne de plus en plus l’image d’un archaïsme surréaliste depuis la disparition de l’Union soviétique. (AFP)


Intronisé maître de la Corée du Nord, Kim Jong-II fait face à tant de problèmes intérieurs et extérieurs qu’ils suscitent des interrogations sur la survie de ce pays devenu le grand malade de l’Asie orientale, soulignent jeudi les experts et commentateurs japonais.«L’effondrement de la Corée du Nord est simplement retardé par l’aide internationale alimentaire et énergétique ainsi que le contrôle social violent qu’exercent la police et l’armée», souligne Chikara Nishioka, rédacteur en chef de la revue de «l’Institut de la Corée moderne».«Mais quoi qu’il fasse, le régime de Kim Jong-II ne durera probablement pas jusqu’au XXIe siècle», prédit-il dans les colonnes du quotidien conservateur Sankei Shimbun.La tâche la plus urgente pour le nouveau secrétaire général du Parti des travailleurs...