«C’est fou (...) l’Union monétaire est déjà à l’œuvre», a déclaré Philippe Brossard, économiste d’ABN Amro à Paris, à la suite du relèvement de 20 points de base, à 3,30%, du taux d’appel d’offres de la Banque de France à l’issue d’une réunion, non inscrite au calendrier, de son Comité de politique monétaire.
Quelques minutes auparavant, la Bundesbank avait surpris les marchés avec le relèvement à 3,30% de son principal taux d’intervention sur le marché monétaire, le repo, fixé jusqu’ici à 3,00%, en invoquant la nécessité d’empêcher une intensification des pressions inflationnistes avant le lancement de la monnaie unique.
Les banques centrales d’Autriche, des Pays-Bas et de Belgique ont participé dans l’après-midi à ce que la Banque de France a présenté dans un communiqué comme «un mouvement de relèvement mesuré des taux d’intervention de plusieurs banques centrales appartenant au noyau central du mécanisme de change européen».
«De ce point de vue, la convergence des taux d’appel d’offres est une nouvelle étape de la convergence des taux d’intérêt en Europe continentale dans la perspective de l’entrée en Union économique et monétaire au 1er janvier 1999», a-t-elle ajouté dans un communiqué.
Alors que le gouverneur de la Banque de France, Jean-Claude Trichet, déclarait encore il y a peu qu’il n’y avait aucune «automaticité» de répercussion des décisions de la Bundesbank par le Comité de politique monétaire (CMP) de la BdF, les économistes interrogés par Reuter ont été surpris par la rapidité de sa réaction.
En amenant son taux d’appel d’offres au niveau de celui du repo allemand pour la première fois depuis son indépendance, début 1994, «la Banque de France s’est clairement alignée sur la Bundesbank. On aura du mal désormais à dissocier l’une de l’autre», dit une économiste d’une banque française sous le couvert de l’anonymat. (Reuter)


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