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Actualités - Chronologie

Un digne héritier : le sous-commandant Marcos

Le chef de la guérilla zapatiste, le sous-commandant Marcos, dernier «guérillero romantique» du XXe siècle, apparaît dans un monde de plus en plus fermé à l’utopie révolutionnaire comme l’ultime héritier du légendaire Ernesto Che Guevara.

Il y a trente, ans des étudiants en révolte, en Europe ou en Amérique, avaient fait du révolutionnaire argentin leur maître à penser. Ils voulaient changer le monde, créer «un, deux, trois, plusieurs Vietnam» et mettre en pratique la théorie des «foyers guerilleros».
Trente ans après, surtout en Europe, des jeunes et des moins jeunes, nostalgiques des mouvements étudiants de la fin des années 60, se revendiquent désormais du chef de l’EZLN (Armée zapatiste de libération nationale) et le citent pour dénoncer les méfaits du neolibéralisme ou pronostiquer une 4e guerre mondiale.
Comme le faisait le Che, Marcos subjugue ses compagnons de lutte. Comme le faisait le Che, il manie, et avec la même aisance, l’humour, l’éloquence et le charme.
Comme le Che, Marcos étonne ses camarades. En partie sans doute parce qu’il est lui aussi un «étranger». Guevara était Argentin. Marcos est «Blanc» alors que tous les chefs zapatistes sont Indiens.
Marcos et Guevara semblent ainsi être venus d’ailleurs pour montrer la voie et annoncer une vie nouvelle.
A cette dimension quasi-religieuse s’ajoute, pour l’un comme pour l’autre, une caractéristique libertaire, le refus du pouvoir, qui attire la jeunesse en principe toujours en guerre contre l’ordre établi.

Uniforme différent

Le Che n’a-t-il pas renoncé à sa charge de ministre de l’Industrie pour poursuivre la lutte révolutionnaire? Marcos et les siens n’ont-ils pas annoncé que gouverner ne les intéressait pas et que leur but, démocratiser le Mexique, était à la fois plus noble et plus difficile?
Pour les zapatistes, Marcos est sans aucun doute l’héritier direct de Guevara. Lors des meetings et des manifestations, les guerilleros du Chiapas, bastion de la guérilla dans le sud du Mexique, brandissent toujours à côté de ceux de leur chef, des portraits du Che.
Marcos cultive les similitudes comme pour affirmer sa filiation directe avec le premier compagnon de Fidel Castro.
L’uniforme n’est plus le même. Dans les montagnes du Chiapas, le treillis vert-olive a été remplacé par un pantalon noir et une veste marron. Mais sur la casquette usée du leader zapatiste brille l’étoile rouge qui étincelait sur le béret noir de Guevara.
Si Marcos ne fume pas le cigare, il n’en n’est pas moins entouré des volutes qu’exhale la vieille pipe dont il ne se sépare jamais. Dans le maquis bolivien, le Che n’avait-il pas lui aussi préféré la pipe au havane?
Le Che avait un visage de Christ. Sa beauté, presque angélique, fait entièrement partie de son personnage. Marcos a choisi l’anonymat. Mais le passe-montagne noir qui dissimule ses traits est également un élément essentiel de sa personnalité.
Le politologue mexicain, Jorge Castaneda, auteur d’une biographie de Guevara, a toutefois découvert une différence fondamentale entre les deux guérilleros. (AFP)
Le chef de la guérilla zapatiste, le sous-commandant Marcos, dernier «guérillero romantique» du XXe siècle, apparaît dans un monde de plus en plus fermé à l’utopie révolutionnaire comme l’ultime héritier du légendaire Ernesto Che Guevara.Il y a trente, ans des étudiants en révolte, en Europe ou en Amérique, avaient fait du révolutionnaire argentin leur maître à penser. Ils voulaient changer le monde, créer «un, deux, trois, plusieurs Vietnam» et mettre en pratique la théorie des «foyers guerilleros».Trente ans après, surtout en Europe, des jeunes et des moins jeunes, nostalgiques des mouvements étudiants de la fin des années 60, se revendiquent désormais du chef de l’EZLN (Armée zapatiste de libération nationale) et le citent pour dénoncer les méfaits du neolibéralisme ou pronostiquer une 4e guerre...