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Actualités - Chronologie

L'UE se mobilise prudemment contre le chômage

L’Union européenne a donné mardi le signal d’une mobilisation contre le chômage sur le Vieux Continent, mais s’est refusée à fixer l’objectif général de création de 12 millions d’emplois qui lui était proposé.
Les ministres des Affaires sociales des Quinze ont examiné pour la première fois les propositions présentées la semaine dernière par la Commission européenne avant le sommet de l’emploi qui se déroulera les 20 et 21 novembre à Luxembourg.
La plupart d’entre eux estiment que l’objectif de créer 12 millions d’emplois en cinq ans pour faire passer le chômage de 11 à 7% de la population active ne devait pas être affiché.
«Un tel objectif n’a pas grand sens», a déclaré le ministre français des Affaires sociales, Martine Aubry, dont le gouvernement est à l’origine de la convocation du sommet.
«L’essentiel n’est pas dans l’affichage d’un niveau de chômage, mais de privilégier les instruments pour l’atteindre», a renchéri le premier ministre et ministre des Affaires sociales luxembourgeois, Jean-Claude Juncker.
Les gouvernements européens craignent de donner de faux espoirs à une opinion publique traumatisée par le chômage.
Mais les Quinze semblent désormais prêts à cesser leurs incantations sur l’emploi pour agir en commun et les propositions de la Commission ont été bien accueillies.
«Il y a consensus sur la façon d’agir», a dit Jean-Claude Juncker, tout en soulignant que le Royaume-Uni, champion de la dérégulation, n’avait «pas livré le fond de sa pensée».

Du concret

L’exécutif européen a suggéré que l’on utilise pour la création d’emploi la méthode qui a si bien réussi pour l’euro.
Chaque année, les Quinze se fixeraient un certain nombre de «lignes directrices» quantifiés: ils feraient le bilan à la fin de chaque année et, en cas de non-respect par un Etat membre, des «recommandations» pourraient lui être adressées.
Si, au contraire de ce qui se passe pour la monnaie unique, il n’y aura pas de sanction à la clé, la Commission estime qu’aucun Etat membre ne voudra être placé sur le banc d’infâmie.
Les Quinze souhaitent se concentrer au sommet de l’emploi sur «quelques lignes directrices quantifiées et concrètes que les gens peuvent vérifier», et non en adopter une quinzaine, comme le propose la Commission.
Ces lignes porteraient par exemple sur la réduction du nombre de chômeurs de longue durée, qui auraient la garantie de se voir octroyer un emploi ou une formation après 12 mois, et de jeunes, qui auraient la même garantie après six mois.
Martine Aubry a ajouté à cela la fixation d’objectifs en matière de création d’emplois dits «de proximité» dans les services collectifs et dans les secteurs de haute technologie.
Le ministre français des Affaires sociales estime que la «réorganisation du travail» pourrait faire partie des objectifs.
La France s’est ainsi montrée très prudente sur la réduction du temps de travail, l’un des chevaux de bataille du nouveau gouvernement socialiste, en tout cas au niveau européen.

Après l’euro

Même si Martine Aubry a souligné que l’Italie ou l’Espagne étaient sur la même longueur d’ondes que Paris sur ce dossier, la réduction du temps de travail divise les Quinze à un point tel que la Commission l’a pratiquement passée sous silence.
Le ministre italien du Travail, Tiziano Treu, a réaffirmé lundi son opposition à toute loi rendant obligatoire la réduction de la durée du temps de travail, la qualifiant dans La Repubblica de «décision d’économie soviétique».
A trois jours de la présentation, vendredi, des intentions du gouvernement en la matière, Martine Aubry a insisté sur la nécessité de préserver la compétitivité des entreprises.
«Réduire la durée du travail en portant atteinte à la compétitivité des entreprises serait une erreur», a-t-elle dit, précisant que le dossier ne se traitait pas au niveau européen et que Paris voulait inciter les partenaires sociaux à mettre au point des formules de réduction du temps de travail.
Cette modération française permettra peut-être de traiter le sujet par un autre biais, par exemple la limitation des heures supplémentaires ou l’annualisation du temps de travail.
Mais qu’est-ce qui permet de penser que le chantier de l’emploi en Europe sera cette fois poursuivi avec succès?
Les précédentes tentatives ont selon Martine Aubry échoué parce que les Quinze étaient obsédés par la réduction des déficits justifiée par la marche vers l’euro.
«L’énergie de la majorité des gouvernements a porté sur l’euro, a-t-elle estimé en précisant que l’essentiel était désormais réalisé sur ce front. Nos opinions ne comprendraient pas qu’on ne fasse pas le même effort sur l’emploi». (Reuter)
L’Union européenne a donné mardi le signal d’une mobilisation contre le chômage sur le Vieux Continent, mais s’est refusée à fixer l’objectif général de création de 12 millions d’emplois qui lui était proposé.Les ministres des Affaires sociales des Quinze ont examiné pour la première fois les propositions présentées la semaine dernière par la Commission européenne avant le sommet de l’emploi qui se déroulera les 20 et 21 novembre à Luxembourg.La plupart d’entre eux estiment que l’objectif de créer 12 millions d’emplois en cinq ans pour faire passer le chômage de 11 à 7% de la population active ne devait pas être affiché.«Un tel objectif n’a pas grand sens», a déclaré le ministre français des Affaires sociales, Martine Aubry, dont le gouvernement est à l’origine de la convocation du...