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Actualités - Chronologie

La Chemania, ou furie commémorative

La «CHEmania» déferle. Elle a pris, un peu partout, toutes les formes possibles à l’occasion du trentième anniversaire de la mort du «Guerrillero Heroico»: biographies, albums de photos, livres d’hommage, disques de chansons (écrites et composées avant et après sa mort), documentaires télé, vidéos, suppléments spéciaux dans la presse, films, colloques et conférences, mais aussi posters, pin’s, porte-clefs, tee-shirts, jusqu’à des skis et des montres portant l’effigie du Che...
En Bolivie, on a mis en place un «Guevaratour» pour touristes, déjà très demandé, dit-on, pour suivre la «Ruta» (itinéraire) du guérillero et de sa quarantaine d’hommes. A Vallegrande se tient jusqu’au 11 octobre une «Rencontre mondiale» en présence de personnalités de tous bords venues du monde entier.
Huit films sur le Che sont prévus. Le premier, de l’Argentin Anibal Di Salvo, vient de connaître un échec patent dans son pays. On attend mieux de «Hasta la victoria siempre» d’un autre Argentin, Juan Carlos Desanzo, et du Britannique Michel Radford («Le Facteur»), qui a fait appel à Antonio Banderas pour incarner le Che.
En Argentine, pour la première fois une plaque a été dévoilée à Rosario, ville natale du Che, et les marques d’hommage se multiplient à Buenos Aires: séminaire international, concerts, émission d’un timbre à l’effigie du Che... après accord du président Menem. A Santiago du Chili plus de 70.000 personnes ont assisté à un récital international le 29 septembre. A Managua (Nicaragua) un monument de 9 mètres est sur le point d’être inauguré, etc.
Cependant des voix divergentes se font entendre. «On écarte de la légende tout ce qui dérange», a eu l’occasion de dire le scénariste argentin José Pablo Feinmann. «Le Che assouvit les frustrations des générations successives», estime un libraire de Paris devant son rayon de nouveautés.

Commerce

Personne ne saura expliquer pourquoi, pendant trente ans, le Che, dont le monde entier a connu le visage fixé par le photographe Korda, n’est pas sorti du purgatoire, Cuba mis à part. Il aura fallu attendre toutes ces années pour lire les premières biographies en français, en espagnol ou en anglais. Pour les 10e, 20e ou 25e anniversaires de sa mort, rien ou quasiment rien...
La découverte des restes du Che à Vallegrande, dans le sud-est bolivien, et leur rapatriement à Cuba ne sont pour rien dans cette «furie» commémorative. Ils aideront bien sûr à l’enrichir, mais elle était déjà en route depuis plusieurs mois. On ne peut rien contre les mythes.
Dans ce déferlement, marqué trop souvent au coin de l’exploitation commerciale, tout le monde devrait trouver son compte, dans une époque en manque de héros ou d’icône. Il est trop tôt bien sûr pour dire si cette ligne de produits «Che» provoquera le moindre changement dans la façon de penser ou de vivre.
Pour l’heure, même si elle ne peut être réduite à un simple phénomène de mode, la «CHEmania» ne met en avant que l’écume du Che. Un Che «light», quelque peu inoffensif, accaparé à gauche, récupéré même à droite.
Cependant la sobriété et la sincérité ne sont pas absentes de cette commémoration. Cet homme «pur et dur» sera mieux connu notamment par la somme des livres qui lui sont consacrés, tous hagiographiques ou peu s’en faut, œuvres d’auteurs très différents, de thèses et de motivations différentes, dont 12 en France seulement. Un CD de chansons «El Che Vive 1967-1997», édité à Paris, a été vendu à ce jour à plus de 50.000 exemplaires.
Enfin il ne faudrait pas oublier de remarquer qu’en cette année du 30e anniversaire de sa disparition, n’a été réédité ou traduit aucun livre, aucun essai, aucun article rédigé par Che Guevara lui-même, et ils sont pourtant nombreux... (AFP)
La «CHEmania» déferle. Elle a pris, un peu partout, toutes les formes possibles à l’occasion du trentième anniversaire de la mort du «Guerrillero Heroico»: biographies, albums de photos, livres d’hommage, disques de chansons (écrites et composées avant et après sa mort), documentaires télé, vidéos, suppléments spéciaux dans la presse, films, colloques et conférences, mais aussi posters, pin’s, porte-clefs, tee-shirts, jusqu’à des skis et des montres portant l’effigie du Che...En Bolivie, on a mis en place un «Guevaratour» pour touristes, déjà très demandé, dit-on, pour suivre la «Ruta» (itinéraire) du guérillero et de sa quarantaine d’hommes. A Vallegrande se tient jusqu’au 11 octobre une «Rencontre mondiale» en présence de personnalités de tous bords venues du monde entier.Huit films sur le...