Avec plus de 80 millions de foyers équipés pour recevoir le câble et le satellite, l’Europe a maintenant dépassé les Etats-Unis et ses 70 millions de ménages câblés et satellisés, selon «The European Key Facts», qui s’appuie sur des chiffres de 1996.
Toutefois, outre-Atlantique, l’horizon ne recèle plus guère d’opportunités, puisque 73% des foyers équipés d’un poste de télévision reçoivent déjà une multitude de chaînes via le câble ou une parabole. En revanche, la demande est loin d’être comblée en Europe (seulement 33% des foyers équipés) et offre donc un formidable potentiel de croissance.
En corollaire, le temps passé devant son petit écran par individu ne cesse de progresser sur le Vieux Continent: alors qu’aux Etats-Unis, la durée a diminué d’une année sur l’autre (239 minutes en 96, contre 241 en 95), en Europe de l’Ouest, on assiste à la tendance inverse, avec 200 minutes en 96 contre 196 en 95 et 191 en 94. C’est le Royaume-Uni qui reste le champion européen, avec 229 minutes en moyenne par jour et par individu, suivi par l’Italie et la Hongrie (222 minutes), l’Espagne (221), la Turquie (216,) la Grèce (200), l’Allemagne (195), l’Irlande (194), la Belgique et la France (192) et le Portugal (179).
L’offre télévisuelle a connu – elle aussi – un boom en Europe, avec plus de 400 chaînes en 1996 contre 303 en 95. Les chaînes publiques sont au nombre de 110, plus de 40 sont des chaînes payantes, 25 sont paneuropéennes et sept bouquets numériques se partagent le ciel européen. Alors qu’en Amérique du Nord, les chaînes privées tiennent le haut du pavé en terme d’audience, en Europe la chaîne leader dans 16 de 33 pays observés reste encore une chaîne publique et quand ce n’est pas le cas elle est dans les toutes premières places du palmarès.
TV numérique
En matière de chaînes pan-européennes, l’enquête montre que les chaînes leaders, en terme de pénétration sur le câble ou le satellite sont Eurosport avec 72,1 millions de foyers, CNN (62,2 millions), NBC (47,6) et MTV Europe (43,5).
Quant au marché de la télévision payante, particulièrement développé en France, il pèse en Europe 4 milliards de dollars dans un contexte où les chaînes traditionnelles connaissent une érosion d’audience. La chaîne privée TF1 n’échappe pas à la règle, chutant de 36,7% de part de marché en 95 à seulement 34,8% en 96.
IP recense 15 millions de foyers européens abonnés à au moins une chaîne de télévision payante, avec quelques grands acteurs: Canal+ (France, Espagne, Pologne, Belgique, Pays-Bas, Scandinavie, Italie), le groupe Kirch allié à la CLT-UFA en Allemagne, Time Warner (République tchèque, Slovaquie, Pologne, Hongrie) et BskyB (Grande-Bretagne et Irlande).
Si chacun s’accorde à dire que l’avenir appartient à la TV numérique, IP vient tempérer l’enthousiasme des acteurs du marché. «1996 restera comme une année de transition. La télévision elle-même est entrée dans l’ère numérique mais pas encore ses téléspectateurs», relève l’étude.
Prometteur, le marché du numérique en Europe, dont les pays plus avancés sont la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne, devrait atteindre un milliard de dollars de chiffre d’affaires d’ici 2.001.
Les chaînes «Channel 5» lancée début 1997 en Grande-Bretagne et «Nelonen» (Finlande) née en juin 1997 «auront l’honneur d’être les derniers gladiateurs de l’ère analogique européenne», selon IP. (AFP)
Des chiffres à donner le tournis: en Europe, 400 chaînes,80 millions de foyers équipés pour la TV câblée et satellitaire, quatre milliards de dollars pour les stations payantes... Vivement, un gouvernement libanais pour mettre bon ordre à tout cela et, hop! en quatre chaînes de plus en plus crétinisantes, faire du paysage audiovisuel un désert.


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