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Actualités - Chronologie

Taxage dans les écoles du Quebec

Quatre adolescents se sont suicidés à Longueuil (banlieue sud de Montréal) au cours des dix derniers mois suscitant au Québec une émotion d’autant plus vive que le racket serait une des causes possibles de leur geste.
Des quatre jeunes âgés de 16 ou 17 ans, deux fréquentaient l’école Jacques-Rousseau à Longueuil, qui compte 2.700 élèves, et les deux autres étaient d’anciens élèves. A la suite de la mort du dernier, plus d’une dizaine de leurs camarades sont venus témoigner devant la police, et un jeune homme de 18 ans, Benjamin Roy, ancien élève de l’école, a été arrêté. Il a été inculpé d’extorsion de fonds, de vols qualifiés et de menaces de mort. Un autre adolescent de 14 ans a été arrêté.
La police ne veut cependant pas établir de lien entre le «taxage» — comme disent les jeunes — auquel se seraient livrées les deux personnes arrêtées et la mort des quatre jeunes. Agissant dans cette affaire avec une extrême prudence, elle refuse même de confirmer que les quatre jeunes se sont tués à cause d’un racket dont ils auraient fait l’objet.
Cependant, les témoignages se sont multipliés qui font apparaître que si le racket n’était pas leur seul sujet de trouble, les quatre adolescents en avaient été victimes.
Ainsi, le responsable d’une maison de jeunes qu’ils fréquentaient affirme — ce que ne confirme pas la police — qu’ils avaient tous fait allusion à du «taxage» dans leurs lettres d’adieu. Plusieurs jeunes ont téléphoné au journal «La Presse» pour faire savoir que leurs camarades, dans les mois précédant leur mort, avaient pour la plupart «eu affaire à un gang de jeunes».
Selon diverses sources, il semblerait que le premier à s’être donné la mort, au début de l’année, avait une peine de cœur — mais il aurait aussi été victime de racket et de tabassages. Le jeune décédé la semaine dernière avait affirmé ne pas avoir pu supporter la mort de son camarade — mais lui aussi aurait été victime de racket, de la part justement de Benjamin Roy, qui aurait voulu lui extorquer 500 dollars (360 USD).
Plusieurs enfants d’autres régions du Québec ont raconté aussi, notamment à la radio, le racket dont ils étaient victimes. «Même les filles s’y livrent, racontait une fillette de 12 ans. Mais c’est pas pour de l’argent, plutôt pour du rouge à lèvres».
A la suite de cette affaire, des travailleurs sociaux et des policiers ont demandé aux enfants victimes de le faire savoir aux adultes et à la justice de considérer le racket comme un crime. Une brochure devrait être prochainement distribuée aux jeunes des zones les plus touchées pour les aider à faire face au problème.
Le taux de suicide au Québec est le plus élevé du Canada, et un des plus hauts des pays industrialisés. En 1995, il était pour les 15-19 ans de 21,5 pour 100.000. (AFP)
Quatre adolescents se sont suicidés à Longueuil (banlieue sud de Montréal) au cours des dix derniers mois suscitant au Québec une émotion d’autant plus vive que le racket serait une des causes possibles de leur geste.Des quatre jeunes âgés de 16 ou 17 ans, deux fréquentaient l’école Jacques-Rousseau à Longueuil, qui compte 2.700 élèves, et les deux autres étaient d’anciens élèves. A la suite de la mort du dernier, plus d’une dizaine de leurs camarades sont venus témoigner devant la police, et un jeune homme de 18 ans, Benjamin Roy, ancien élève de l’école, a été arrêté. Il a été inculpé d’extorsion de fonds, de vols qualifiés et de menaces de mort. Un autre adolescent de 14 ans a été arrêté.La police ne veut cependant pas établir de lien entre le «taxage» — comme disent les jeunes —...