Le bilan hebdomadaire a été particulièrement brillant, les valeurs françaises ayant progressé de 3,65%. L’indice CAC 40, le principal baromètre du marché, a terminé vendredi sur un record à 3.094,01 points. En cours de séance il avait même atteint 3.114 points.
Le 31 juillet dernier après un mois ponctué d’une série de records, l’indice CAC 40 avait affiché à la clôture 3.075,67 points et en cours de séance 3.107,21 points.
Depuis le début de l’année, la hausse des valeurs françaises atteint 33,61%.
Cette spectaculaire embellie a mis fin à une période d’hésitation — CAC 40 évoluant entre 2.850 et 3.000 points — entretenue par les craintes d’un durcissement de la politique monétaire aux Etats-Unis mais aussi en Allemagne.
Ces derniers mois, l’économie américaine continuait à tourner à plein régime, relançant les craintes d’une résurgence de l’inflation et d’une remontée des taux d’intérêt. Les dernières statistiques reflètent un début de ralentissement de l’activité — les chiffres concernant l’emploi en septembre étaient inférieurs aux attentes des analystes — ce qui a conduit le comité monétaire de la Réserve Fédérale à opter pour le statu quo en matière monétaire.
Tout en restant très vigilante sur l’évolution des prix et de la masse monétaire allemandes, la Bundesbank a décidé de réaliser sa prise en pension au taux inchangé de 3%.
Ces événements ont fait les beaux jours des marchés obligataires. Vendredi aux Etats-Unis le taux de rendement à long terme tombait à son plus bas niveau depuis le 14 février 1996. Wall Street s’acheminait également vers de nouveaux sommets.
Si la bourse réagit à l’évolution des taux d’intérêt, elle dispose également d’autres atouts avec les perspectives d’une accélération de la croissance en Europe, la multiplication des OPA amicales mais surtout hostiles — Promodès sur Casino et Pinault sur Worms — les résultats semestriels des entreprises meilleurs que prévu — notamment pour les sociétés financières et cycliques — et la présentation par le gouvernement Jospin d’un budget pour 1998 conforme aux attentes.
Les milieux financiers ont apprécié que le gouvernement Jospin avec son budget 1998 ait privilégié l’union monétaire tout en essayant de sauvegarder la confiance des consommateurs.
La hausse de 4 points de la CGS pénalise les produits d’épargne sans risques dont la rentabilité ne cesse de baisser depuis deux ans en raison du recul des taux d’intérêt. Les placements à risques comme les actions, devraient bénéficier de cette situation nouvelle, estiment les experts.
En attendant les résultats de la conférence sur l’emploi, la durée du temps de travail et les salaires du 10 octobre, le moral des chefs d’entreprise s’est nettement amélioré ces dernières semaines. Les instituts de conjoncture prévoient une croissance de l’ordre de 3% l’an prochain, le BIPE allant jusqu’à 3,3%.
A la lumière des résultats semestriels, le cabinet Jacques Chahine s’attend pour les sociétés du CAC 40 à des bénéfices de 122 milliards de francs en 1997 et de 142 milliards de francs en 1998. Les records de 1989 seront donc battus.
Les opérations Worms-Pinault et Promodès-Casino devraient rapporter au marché près de 60 milliards de francs compensant ainsi les 50 milliards de francs que va prélever la privatisation de France Telecom.
Les milieux financiers s’attendent à de nouvelles opérations de restructurations industrielles notamment dans l’aéronautique et la défense.
Toutes les séances ont été vouées à la hausse sauf celle de jeudi au cours de laquelle le CAC 40 cédait 0,11%. Lundi cet indice était en hausse de 0,11%, mardi de 0,65% et mercredi de 1,55%. Vendredi, la séance s’achevait sur un gain de 1,37%. (AFP)


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