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Actualités - Chronologie

Les universités US malades de l'alcool

La mort par excès d’alccol de deux étudiants américains à quelques semaines d’intervalle a ravivé le débat sur l’interdiction de l’alcool sur les campus, mais des experts jugent que cette approche négative et culpabilisante entrave le succès des campagnes de sensibilisation.
Le président du prestigieux Massachussetts Institute of Technology (MIT) de Boston (nord-est), Charles Vest, a fait son mea culpa et annoncé des «réponses énergiques», après la mort en début de semaine de Scott Krueger, 18 ans, un étudiant de première année qui avait sombré dans le coma trois jours plus tôt lors d’une soirée dans sa fraternité.
Parmi les mesures envisagées figure l’obligation pour les étudiants des deux premières années d’université de vivre sur le campus dans des bâtiments où l’alcool serait interdit.
L’alcool sera banni de toute manifestation à laquelle pourraient participer des moins de 21 ans, âge minimum légal pour boire dans le Massachussetts, et M. Vest veut donner l’exemple en le supprimant dans les réceptions des administrateurs et des enseignants.
«Je ne crois pas que nous avions attendu cette tragédie pour agir, néanmoins, je serai le premier à admettre que (…) nous avons été inaptes», a déclaré M. Vest.
Le décès de Scott Krueger, décrit comme un garçon sage et un sportif par sa famille, est le second en trois mois après la mort d’un étudiant de l’Université d’Etat de Louisiane en août au cours de ce qu’étudiants et professionnels de la santé appellent «binge drinking» (prendre une cuite).
La consommation d’alcool est «le problème numéro un des présidents d’université», assure le docteur Henry Wechsler, directeur du département de la santé et du comportement social de l’université de Harvard.
Le Dr Wechsler a conduit en 1993/94 une étude portant sur 17.000 étudiants de 140 campus dans tout le pays et concluant que «l’image qui en ressort n’est pas jolie».
Selon cette étude, 44% des étudiants se «cuitaient» occasionnellement (cinq canettes de bière ou leur équivalent en une heure, quatre pour les filles), 19% fréquemment.

«Binge drinkers»

Les fraternités, ces associations d’étudiants installées dans des maisons particulières en général hors des campus et de leur autorité, comme au MIT, étaient particulièrement montrées du doigt: 86% des garçons et 80% des filles étaient considérés comme des «binge drinkers».
Selon les statistiques officielles, l’alcool intervient dans la moitié des accidents de la route, première cause de mortalité des jeunes Américains.
L’étude concluait par des recommandations aux responsables d’université, qui mélangeaient répression et information sur les dangers de l’alcool.
L’Université du nord de l’Illinois (NIU) à Dekalb, non loin de Chicago (nord), a choisi quant a elle une autre approche, avec des résultats spectaculaires.
«Le problème est présenté de telle sorte que les étudiants sont convaincus, avant même d’arriver sur leur campus, que «se cuiter» est la norme, fait partie de leur initiation», explique Michael Haines, responsable du programme mis en place depuis l’année universitaire 1989/90.
«Ils se disent: si tant d’étudiants ont des problèmes avec les autorités, pourquoi pas moi?», ajoute-t-il.
«Nous nous efforçons de donner des informations exactes sur la consommation d’alcool sur les campus, bien moindre que ce que les accidents mortels pourraient suggérer, et nous dédramatisons le problème: ce n’est pas grave de boire un peu trop, de vomir et d’avoir mal au crâne le lendemain», explique-t-il.
La technique de NIU, que le département américain de l’éducation a choisi cette année comme l’un des deux seuls programmes susceptibles de recevoir un financement, a permis en cinq ans une baisse de 35% de la consommation d’alccol sur le campus, de 31% des blessures sur les étudiants eux-mêmes et de 54% des blessures sur les autres.
«La difficulté de cette approche réside chez les responsables des universités eux mêmes: il faut être neutre vis-à-vis de l’alcool, et nombre d’entre eux laissent leur morale personnelle influencer leur manière de voir», commente M. Haines. (AFP)
La mort par excès d’alccol de deux étudiants américains à quelques semaines d’intervalle a ravivé le débat sur l’interdiction de l’alcool sur les campus, mais des experts jugent que cette approche négative et culpabilisante entrave le succès des campagnes de sensibilisation.Le président du prestigieux Massachussetts Institute of Technology (MIT) de Boston (nord-est), Charles Vest, a fait son mea culpa et annoncé des «réponses énergiques», après la mort en début de semaine de Scott Krueger, 18 ans, un étudiant de première année qui avait sombré dans le coma trois jours plus tôt lors d’une soirée dans sa fraternité.Parmi les mesures envisagées figure l’obligation pour les étudiants des deux premières années d’université de vivre sur le campus dans des bâtiments où l’alcool serait...