Au cours d’une conférence de presse, Jean-Claude Gayssot a simultanément annoncé une batterie de mesures, notamment pour limiter les nuisances sonores subies par les riverains, pour améliorer la redistribution de la manne fiscale générée par la plate-forme, et mieux répartir l’emploi dans les communes voisines.
De plus, une autorité «réellement indépendante» sera créée pour suivre et contrôler les nuisances, alors que les associations écologistes se sont montrées fortement déçues par la décision.
Les amendes encourues par les compagnies dont les avions sont trop bruyants subiront un fort relèvement. Les vols de nuit seront plus sévèrement réglementés, voire interdits pour les avions les plus bruyants.
L’an dernier, Charles-de-Gaulle a enregistré 361.000 mouvements d’avions avec 32 millions de passagers. Les prévisions tablent sur une croissance du trafic passagers de l’ordre de 3,5 à 4% chaque année, soit un total d’environ 39 millions de passagers dans cinq ans.
Les travaux d’extension de l’aéroport qui portent sur 1,5 mds de FF (250.000 USD) et vont débuter, immédiatement, dureront 4 ans. La première piste devrait être livrée début 1999, et la deuxième vers la fin de l’an 2000.
Le début du chantier, prévu en juillet dernier, avait été gelé par le ministre qui avait alors relancé la concertation sur ce dossier épineux. L’extension est vivement contestée localement par les riverains, mais soutenue par l’ensemble des acteurs économiques, notamment Air France qui en a besoin pour assurer son développement, et la plupart des syndicats de l’aérien.
Une fois que les deux pistes seront construites avec de nouvelles aérogares, Roissy accueillera 55 millions de passagers par an. Ce qui permettra à Paris de gagner son influence par rapport à Londres, Francfort et Amsterdam.
Les schémas initiaux de développement datant des années 60 prévoyaient cinq pistes au total à Roissy, et 80 millions de passagers par an.
Comme son prédécesseur, M. Gayssot s’est engagé à ce que cette cinquième piste ne soit jamais construite. Et l’aéroport du Bourget, voisin de Roissy, «ne sera pas transformé en 5e piste», a-t-il dit en assurant qu’il restera dédié à l’aviation d’affaires.
Pour compenser la limitation ainsi imposée à Roissy tout en assurant le développement prévu du transport aérien en région parisienne, M. Gayssot semble moins enclin que son prédécesseur à favoriser la construction d’un troisième aéroport international d’ici 2030.
Répondant à une demande du ministre de l’Environnement Dominique Voynet, M. Gayssot souhaite «rouvrir le débat» sur une meilleure utilisation des aéroports de province actuels, comme Lyon-Satolas (centre) par exemple, qui pourrait délester Roissy et Orly d’une partie du trafic international.
Immédiatement après l’annonce de M. Gayssot, les associations de riverains et écologistes se sont déclarées «écœurées et en colère». L’une des principales associations (AVODCNAR) a estimé que M. Gayssot avait «sacrifié les riverains» face au «lobby» aéronautique et d’Aéroports de Paris. (AFP)


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