Ce sommet regroupera les représentants de quelque 450 millions de personnes, dont la moitié parlent français.
Le directeur général d’une structure internationale reliant entre elles 386 universités ou établissements d’enseignement supérieur francophones, le recteur Michel Guillou, a indiqué qu’il souhaitait que le sommet fasse passer le budget affecté aux nouvelles technologies, actuellement de 29 millions de francs (5,8 millions de dollars) à 55 millions de francs en 1998 et 1999.
Le dirigeant de cette structure, l’Agence francophone pour l’enseignement supérieur et la recherche (Aupelf-Uref), a précisé qu’il souhaitait que son budget global passe de 240 millions de francs actuellement à 320 millions de francs (40 à 53 millions de dollars environ).
Ces dotations supplémentaires, si elles étaient acceptées à Hanoï devraient permettre de développer une «université virtuelle francophone» par réseaux électroniques, qui «ferait en sorte qu’Internet et les nouvelles technologies rentrent comme une chose naturelle dans tous les pays de la francophonie. Nous sommes déjà totalement sur Internet, de Hanoï à Montréal et de Paris à Kinshasa, et cette université virtuelle devra assumer totalement la formation aux métiers ainsi que la circulation des élites universitaires entre le nord et le sud», a expliqué M. Guillou.
L’université virtuelle francophone a, selon lui, pour but via Internet, de «prendre en charge dans toute la francophonie la formation des maîtres et l’enseignement à distance avec le concours de centres régionaux et de campus virtuels» électroniques.
«Nous pensons que la francophonie n’a pas les moyens de la crédibilité et c’est pourquoi nous faisons des propositions budgétaires en augmentation», a-t-il ajouté.
Cette augmentation budgétaire permettrait également de développer la formation des maîtres ainsi que l’animation pédagogique et linguistique qui a notamment permis la mise en place de classes bilingues dans les pays d’Asie du Sud-Est.
L’objectif de l’Aupelf-Uref est de faire passer sur dix ans au Vietnam, le nombre de bacheliers francophones à 10% de la population scolaire grâce à l’augmentation de ses classes bilingues français-veitnamien. Le nombre de bacheliers francophones dans cette ancienne colonie française est actuellement, selon M. Guillou, de 2 à 3%.
Selon l’Aupelf-Uref, 570 classes bilingues existent en Asie du Sud-Est (549 au Vietnam et 79 au Cambodge) et 51 filières universitaires francophones existent dans ses universités membres (46 au Vietnam et 7 au Cambodge). Un institut francophone d’informatique a été créé à Hanoï et un Institut de technologie à Phnom Penh. Un Institut francophone de médecine tropicale doit être ouvert à Vientiane en 1998.
Le Haut conseil de la francophonie, un organisme consultatif basé à Paris, a reconnu que «la francophonie en Asie reste faible», qu’elle doit «renouveler son image de marque, développer les industries de masse dans l’espace culturel et du multimédia, et jouer systématiquement la carte du multilinguisme». (AFP)

