Patrick Campion, plus connu sous le nom de «comte Arnaud de Poligny», a été interpellé quelques heures, alors qu’il arrivait des Bahamas, où il s’était réfugié pour échapper à un mandat d’arrêt international lancé par la France.
Mais le mandat d’arrêt international avait été délivré non pour ses activités en Afrique, mais parce qu’il avait soustrait ses enfants à leur mère, son ex-épouse, qui en avait la charge. Or, de source judiciaire en France, on précise que «l’enlèvement d’enfant par un membre de sa proche famille n’est pas constitutif d’un délit pénal aux Etats-Unis».
La dernière victime de cet escroc de haut vol avait été l’an dernier le président congolais Pascal Lissouba, qui a d’ailleurs déposé plainte en France, selon le quotidien «Le Monde».
En Afrique, le comte se faisait alternativement passer pour le président d’un organisme fictif, la «fondation de l’excellence européenne», ou pour producteur de télévision.
C’est à ce dernier titre qu’il avait proposé l’an dernier au président Lissouba la réalisation d’un reportage sur une journée de la vie du chef de l’Etat congolais et dont les frais étaient à payer d’avance par le Congo.
Une équipe de tournage s’était rendue sur place en juillet 1996, mais elle se serait intéressée plus au dispositif de sécurité et à la topographie du palais présidentiel qu’à M. Lissouba, selon les avocats du président congolais qui avait fait verser au moins 500.000 francs (83.000 dollars) au faux comte. Celui-ci est même soupçonné par le Congo de tentative d’espionnage au profit de l’opposition au régime Lissouba.
Dans le passé, il aurait, selon «Le Monde», berné plusieurs autres chefs ou ex-chefs d’Etat africains comme Gnasssingbé Eyadéma (Togo), Denis Sassou Nguesso (Congo) Obiang Nguéma Mnasogo (Guinée) ou Mobutu Sésé Séko (Zaïre) en leur décernant au cours de cérémonies fastueuses, payées bien sûr par les récipiendaires eux-mêmes, la récompense suprême de sa fausse fondation, la «médaille d’or de l’excellence européenne». L’ex-président Mobutu aurait été ainsi ponctionné de 5 millions de francs (830.000 dollars).
En France, le faux comte a déjà été condamné à 18 mois de prison dont un an avec sursis pour fraude fiscale entre 1984 et 1985. (AFP)


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