Des manifestants se sont postés devant l’entrée de la Royal Academy of Arts à Londres pour tenter de dissuader les visiteurs d’aller voir une exposition d’avant-garde qui fait scandale.
Intitulée «Sensation», cette exposition «classée X» consacrée à la jeune avant-garde britannique rassemble une centaine d’œuvres, dont certaines à caractère «pornographique» sont réunies dans une salle interdite aux moins de 18 ans.
L’œuvre la plus controversée est un portrait de Myra Hindley, condamnée à la prison à vie pour des assassinats d’enfants dans le nord de l’Angleterre dans les années 60. Ce tableau de Marcus Harvey, baptisé «Myra», est fait de l’accumulation d’empreintes de mains de jeunes enfants.
D’autres œuvres sont accusées par leurs détracteurs de faire l’apologie de la violence.
Parmi les manifestants figurait Winnie Johnson, 64 ans, la mère d’une des victimes de Hindley. «C’est criminel et dégoûtant», a-t-elle déclaré en larmes, en invitant les visiteurs à boycotter l’exposition et en espérant que quelqu’un parviendrait «à lacérer» le tableau.
Face à la controverse et à l’opposition de Hindley elle-même, les académiciens ont dû voter, par 26 voix contre 19, pour que le tableau soit accroché.
Malgré les appels des manifestants lancés par haut-parleur, des visiteurs ont commencé à pénétrer dans la galerie de l’exposition.


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