Incapables de parler, ils sont restés prostrés des heures durant dans le hall de l’hôtel Oasis, sur la route désertique qui relie Le Caire à Alexandrie. Une femme qui a perdu son mari dans l’attaque tient des propos incohérents, entrecoupés de «Mein Gott, Mein Gott» (Mon Dieu, Mon Dieu). Elle est conduite dans une chambre, où un médecin lui administre des calmants. Assis à une table, un jeune homme qui a perdu sa fiancée refuse tout soin, se cachant le visage dans ses bras croisés. Chaque fois qu’un médecin s’approche de lui, il s’accroche désespérément à la table.
Un autre homme vêtu d’un short et d’un T-shirt sur lequel on peut lire «I Love Egypt» (J’aime l’Egypte), hoche la tête inlassablement, en arpentant nerveusement le hall de l’hôtel.
Certains téléphonent en Allemagne pour rassurer leur famille, souvent par des mensonges.
«Maman, c’est Ben. Nous allons très bien. Non, ça c’est passé au Caire, mais nous sommes loin de là. Ce n’était pas notre groupe», assure un jeune homme au T-shirt tâché de sang. Deux de ses doigts sont bandés.
«Nous étions aux Pyramides. Nous allons très bien», affirme un autre. Un diplomate allemand venu les assister explique qu’ils ont demandé à être tous logés au même étage. «Ils veulent être ensemble», explique-t-il. «Ils sont arrivés tôt ce matin au Caire. Ils ont visité la cité antique de Memphis et la nécropole de Saqqara (sud du Caire) et venaient de visiter le musée égyptien du Caire», précise M. Abdel Al. Le groupe devait rester trois jours au Caire avant une dernière journée de farniente à Hourghada, puis rentrer en Allemagne, ajoute-t-il.
Les Allemands sont les touristes étrangers les plus nombreux à visiter l’Egypte, devant les Italiens. Ils ont été plus de 242.000 à s’y rendre au premier semestre 1997. «Les allemands représentent 80% de notre clientèle», indique Abdel Al.(AFP)


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